Sur la place financière de Douala, l’annonce du remboursement a été officialisée par la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), confirmant une échéance importante pour le marché obligataire régional. Le 27 mai 2026, l’État du Cameroun honorera la quatrième tranche de son emprunt obligataire 2022-2029, pour un montant total de 58,75 milliards de FCFA, dont 47 milliards au titre du principal et 11,75 milliards correspondant aux intérêts.
Les opérations d’encaissement débuteront dès le 28 mai auprès des banques teneuses de comptes et des sociétés de bourse agréées dans la zone Cemac. Chaque obligation donnera droit à un remboursement de 2 500 FCFA, répartis entre 2 000 FCFA de capital et 500 FCFA d’intérêts. Cette mécanique traduit le fonctionnement structuré du marché obligataire régional, encore en phase de consolidation mais devenu un instrument clé de financement des États de la sous-région.
L’emprunt obligataire 2022-2029, assorti d’un taux d’intérêt de 6,5 % sur une maturité de 7 ans, avait permis à Yaoundé de mobiliser une enveloppe initiale de 235 milliards de FCFA. L’opération avait suscité un intérêt supérieur aux attentes, avec des offres estimées à 239 milliards de FCFA pour une demande initiale de 200 milliards, traduisant une confiance relative des investisseurs institutionnels et particuliers dans la signature souveraine camerounaise.
Face à cet engouement, le gouvernement avait obtenu une autorisation de surallocation permettant de porter le montant final levé à 235 milliards de FCFA. Cette dynamique illustre le rôle croissant de la BVMAC dans la mobilisation de l’épargne régionale, dans un contexte où les États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale cherchent à diversifier leurs sources de financement au-delà des circuits bancaires traditionnels.
Selon les documents officiels de l’opération, les fonds levés devaient être orientés vers des projets d’infrastructures prioritaires, notamment dans les secteurs routier, énergétique, hydraulique et urbain. Une enveloppe spécifique de 4,5 milliards de FCFA avait également été fléchée vers les programmes de reconstruction dans l’Extrême-Nord, une région affectée par les attaques récurrentes de groupes armés liés à Boko Haram.
Dans un contexte régional marqué par des besoins croissants de financement public, ce remboursement constitue également un test de crédibilité pour la signature camerounaise sur le marché obligataire de la Cemac. La régularité du service de la dette est suivie de près par les investisseurs, alors que plusieurs États de la région renforcent leur recours aux émissions de titres pour financer leurs budgets et leurs projets structurants.
À Douala, place centrale de la BVMAC, cette échéance confirme la montée en puissance progressive du marché financier unifié de l’Afrique centrale. Mais elle rappelle aussi l’équilibre délicat entre mobilisation de ressources, soutenabilité de la dette et capacité des États à maintenir la confiance des investisseurs dans la durée.



