Jonathan Hoffman CEO de Globeleq
Sur le terrain énergétique africain, Globeleq rebat ses cartes. L’entreprise, spécialisée dans la production indépendante d’électricité, accélère sa mutation vers des sources plus durables, tout en opérant un désengagement progressif de certains marchés jugés moins stratégiques. En Zambie, le groupe engage ainsi 315 millions de dollars pour financer de nouveaux projets solaires et renforcer ses capacités de production verte, dans un pays où la demande énergétique reste en forte croissance, soutenue par l’industrialisation et l’urbanisation.
Ce choix d’investissement s’inscrit dans une tendance continentale marquée par la montée en puissance des énergies renouvelables. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, l’Afrique devrait voir sa capacité solaire multipliée par plus de trois d’ici 2030, portée par des politiques publiques incitatives et l’appui des bailleurs internationaux. La Zambie, confrontée à une dépendance historique à l’hydroélectricité, cherche à diversifier son mix énergétique afin de limiter les risques liés aux sécheresses récurrentes. Dans ce contexte, l’arrivée de nouveaux capitaux privés apparaît déterminante pour sécuriser l’approvisionnement électrique.
En parallèle, le groupe amorce une sortie du marché camerounais, où il opère des centrales thermiques depuis plusieurs années. Les discussions en cours portent sur la cession de ces actifs à des opérateurs intéressés par leur reprise. Cette décision reflète une volonté de recentrage stratégique, privilégiant des actifs bas carbone et des environnements réglementaires jugés plus favorables. Au Cameroun, la production thermique représente encore une part significative de l’offre électrique, estimée à près de 30 % selon les données du secteur, mais elle est de plus en plus remise en question au regard des objectifs climatiques et des coûts liés aux combustibles fossiles.
Pour les entreprises locales, ce retrait progressif soulève des enjeux importants. D’un côté, il pourrait ouvrir des opportunités à de nouveaux investisseurs ou acteurs nationaux ; de l’autre, il interroge sur la continuité de service et la stabilité du réseau électrique. Le Cameroun, engagé dans plusieurs projets hydroélectriques et solaires, cherche à attirer davantage d’investissements dans les énergies propres afin de répondre à une demande en hausse estimée à plus de 8 % par an. Cette reconfiguration du paysage énergétique traduit une évolution plus large du secteur en Afrique, où les acteurs privés ajustent leurs portefeuilles face aux impératifs de transition énergétique et de rentabilité.
À travers cette double dynamique, expansion en Zambie et retrait au Cameroun, Globeleq illustre les arbitrages stratégiques en cours dans l’industrie énergétique africaine. Entre opportunités de croissance verte et contraintes locales, les entreprises redéfinissent leurs priorités, contribuant à remodeler en profondeur l’écosystème électrique du continent.



