Lors de sa réunion à N’Djamena, la BEAC a annoncé un bénéfice net de 300 milliards FCFA pour 2025, en baisse de 18 % par rapport aux 355 milliards FCFA de 2024. Cette tendance intervient alors que la zone CEMAC fait face à une croissance économique plus lente et à une pression accrue sur les réserves de change. Les analystes soulignent que le résultat reflète avant tout des facteurs structurels liés aux sources de revenus de la banque centrale, dépendantes des intérêts sur les créances des États membres, des opérations avec le Trésor français, des prêts consentis aux banques commerciales et des gains de change.
Depuis 2023, la BEAC diversifie ses placements, notamment via le programme RAMP de la Banque mondiale, tandis que ses recettes incluent également commissions sur transferts, revenus de placements financiers et plus-values sur ventes d’or. Toutefois, ces sources restent sensibles aux conditions des marchés financiers et aux orientations des grandes banques centrales, dont la BCE, ce qui influence directement les performances annuelles de la BEAC.
Sur le plan monétaire, la banque centrale a ajusté ses taux directeurs en décembre 2025, relevant de 25 points de base le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) à 4,75 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 6,25 %. Cette décision s’inscrit dans un cycle de resserrement engagé depuis fin 2021, interrompu temporairement en mars 2025 pour soutenir le financement de l’économie. Parallèlement, la BEAC a validé l’introduction d’un QR Code communautaire, visant à sécuriser et fluidifier les paiements dans l’ensemble de la sous-région.
Si le bénéfice net reste un indicateur comptable, il ne traduit qu’une partie de la mission fondamentale de la BEAC, qui vise la stabilité monétaire et financière de la CEMAC. Cette stabilité se mesure par une inflation maintenue autour de 3 % et un niveau de réserves extérieures couvrant au moins trois mois d’importations. Dans ce contexte, malgré le recul du bénéfice, la BEAC continue de jouer un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre macroéconomique, la régulation monétaire et le soutien aux politiques économiques des six États membres.
La publication des comptes 2025 s’inscrit ainsi dans un environnement exigeant, où la banque centrale doit concilier son rôle de régulateur avec la pression sur les résultats financiers, tout en préparant la zone CEMAC aux défis de croissance et de stabilité à moyen terme.



