(LVDE) — La Guinée équatoriale prend des mesures pour supprimer les taxes illégales à la frontière de Kye-Ossi, dans le but de faciliter le commerce transfrontalier avec le Cameroun et de renforcer la libre circulation des biens au sein de la CEMAC. Cette initiative souligne l’urgence de stimuler le commerce intra-régional, encore marginal face aux flux internationaux.
Le 10 mars 2026, une réunion stratégique a été tenue à Malabo sous la présidence de Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de la Guinée équatoriale, pour traiter des pratiques fiscales à la frontière de Kye-Ossi. À cette rencontre ont participé le Premier ministre, les ministres de la Défense et de la Sécurité ainsi que des hauts responsables douaniers. Le constat était clair : les commerçants camerounais traversant la frontière se voient souvent contraints de payer des taxes illégales sur leurs marchandises, en dépit des accords de libre circulation des biens au sein de la CEMAC.
Pour remédier à cette situation, le vice-président a ordonné la mise en place d’une commission d’enquête chargée d’identifier les montants perçus illégalement ainsi que les responsables civils et militaires impliqués. Parallèlement, une campagne de transparence sera déployée sur le terrain, avec la diffusion de circulaires indiquant ce qui doit ou ne doit pas être taxé conformément à la loi, afin de garantir la libre circulation des biens entre les États membres.
Cette décision met en lumière le faible niveau d’intégration commerciale entre les pays africains. Selon les données de l’Institut National de la Statistique (INS) du Cameroun, en 2023, le marché africain représentait seulement 9,5 % des importations totales du pays. Dans la sous-région CEMAC, seul le Gabon figurait dans le top 10 des fournisseurs du Cameroun, avec une part de marché de 7 %. La Guinée équatoriale, bien qu’étant l’un des dix principaux clients africains du Cameroun, ne se classait qu’en huitième position.
Le déséquilibre se reflète également dans les flux financiers : les importations camerounaises en provenance d’autres pays africains ont totalisé 541,4 milliards FCFA, soit seulement 10,8 % des achats globaux estimés à 4 457,9 milliards FCFA. Le poids du commerce intra-africain reste donc marginal par rapport aux échanges internationaux.
La suppression de ces barrières fiscales à Kye-Ossi pourrait avoir un impact significatif sur l’économie régionale. Elle permettrait non seulement de faciliter le transport des marchandises entre la Guinée équatoriale et le Cameroun, mais aussi de renforcer les échanges commerciaux entre les pays de la CEMAC. Les experts estiment que de telles mesures sont essentielles pour stimuler une véritable économie régionale et réduire la dépendance aux importations hors continent.
Dans un contexte où la libre circulation des biens reste un objectif central de la CEMAC, l’initiative de Malabo apparaît comme un signal fort en faveur d’une meilleure intégration économique et d’une simplification des procédures commerciales transfrontalières. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact concret de cette politique sur le commerce régional et sur les flux de biens entre les États membres.
Sorelle Ninguem



