Les résultats semestriels de MTN se traduisent par un geste fort en faveur de ses actionnaires. Le géant panafricain des télécommunications a décidé d’allouer 6 milliards de rands (près de 375 millions de dollars) au rachat de 31 millions de ses propres actions. Validée par le conseil d’administration et lancée le 24 août, l’opération prévoit l’annulation des titres acquis afin de réduire le nombre d’actions en circulation, d’améliorer le bénéfice par action et de soutenir durablement la valorisation boursière du groupe. Les marchés ont immédiatement salué cette initiative, l’action MTN progressant de plus de 4,5 % à la Bourse de Johannesburg dans les heures ayant suivi l’annonce.
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Cette décision intervient alors que l’opérateur affiche un premier semestre 2026 particulièrement solide. Son bénéfice ajusté par action a progressé de 21,3 %, témoignant de la robustesse de ses activités malgré un environnement économique contrasté. Si l’Afrique du Sud, berceau historique du groupe, n’a enregistré qu’une hausse limitée de 1,5 % de son chiffre d’affaires, les filiales d’Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria et au Ghana, confirment leur rôle de principaux moteurs de croissance. Cette évolution illustre le basculement progressif du centre de gravité économique de MTN vers les marchés africains à plus fort potentiel.
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Cette dynamique est largement soutenue par l’essor des services financiers numériques. MTN revendique désormais 70,8 millions d’utilisateurs actifs de Mobile Money. Au cours des six premiers mois de l’année, la plateforme a traité près de 13 milliards de transactions, représentant une valeur supérieure à 330 milliards de dollars, soit une progression de plus d’un tiers sur un an. Ces performances confirment la place stratégique du Mobile Money dans le modèle économique du groupe et reflètent l’accélération de l’inclusion financière sur le continent africain.
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Malgré ces performances opérationnelles, les résultats consolidés demeurent affectés par des éléments exceptionnels. Le groupe dirigé par Ralph Mupita a enregistré une dépréciation de 3,9 milliards de rands sur sa participation de 49 % dans l’opérateur iranien Irancell, sous l’effet de l’hyperinflation et de la forte dépréciation du rial. Sans incidence sur la trésorerie, cette charge a entraîné un recul de 5,8 % du bénéfice publié et une baisse de 25 % du résultat net attribuable aux actionnaires, ramené à 7,4 milliards de rands. Une contre-performance comptable qui ne remet toutefois pas en cause la confiance des investisseurs, confortée par la solidité des activités africaines et les perspectives de création de valeur du groupe.
Anatole Bidias



