Le paysage bancaire camerounais poursuit sa recomposition. Avec la finalisation de la cession de Société Générale Cameroun, devenue General Bank of Cameroon (GBC), le groupe bancaire français a procédé à la sortie de cette filiale de son périmètre de consolidation financière. Cette opération entraîne mécaniquement la déconsolidation de 1 246 milliards de FCFA d’actifs, correspondant au poids du bilan de l’entité camerounaise désormais exclue des comptes consolidés de Société Générale. Il ne s’agit pas d’une perte financière, mais d’une évolution comptable liée au changement d’actionnariat et au retrait du groupe français de cette activité.
L’opération s’inscrit dans la stratégie de recentrage engagée par Société Générale depuis plusieurs années sur ses activités internationales. En juillet 2025, le groupe avait annoncé la signature d’un accord avec l’État du Cameroun portant sur la cession de sa participation de 58,08 % dans Société Générale Cameroun. À l’issue de la transaction, l’État camerounais est devenu l’actionnaire majoritaire de la banque, aux côtés d’autres investisseurs nationaux, ouvrant une nouvelle étape dans l’histoire de l’établissement.
Cette sortie du périmètre africain ne signifie pas un abandon du marché camerounais par le groupe français, mais traduit une réallocation de ses ressources vers des zones et métiers jugés prioritaires. Pour Société Générale, la déconsolidation de cette filiale réduit mécaniquement la taille de son bilan, mais améliore certains indicateurs réglementaires. Le groupe avait notamment indiqué que l’opération devait avoir un impact positif sur son ratio de fonds propres durs CET1, avec un gain estimé à environ 6 points de base.
Devenue General Bank of Cameroon, l’ancienne filiale conserve son réseau, ses collaborateurs et son portefeuille d’activités. La banque entend désormais poursuivre son développement sous une identité nationale renforcée, dans un environnement marqué par une concurrence accrue entre établissements financiers camerounais et panafricains. Avec un secteur bancaire en pleine mutation, cette transition constitue également un test pour la capacité des acteurs locaux à reprendre davantage de contrôle sur les institutions financières stratégiques.
Avec cette opération, le Cameroun confirme sa volonté de renforcer la présence du capital national dans des secteurs économiques clés, tandis que les groupes internationaux poursuivent leur arbitrage entre rentabilité, exigences réglementaires et priorités stratégiques. La sortie de Société Générale du capital de son ancienne filiale camerounaise illustre ainsi une nouvelle phase dans l’évolution du secteur bancaire africain : celle d’un repositionnement progressif des grands groupes internationaux et d’une montée en puissance des acteurs locaux.
Tressy Chouente



