Rares sont les entreprises publiques africaines capables d’afficher un quasi-doublement de leur chiffre d’affaires en moins d’une décennie. C’est pourtant la trajectoire revendiquée aujourd’hui par CAMTEL. À l’occasion des Journées Nationales du Management organisées à Douala, Judith Yah Sunday épouse Achidi, Directrice générale de l’opérateur historique des télécommunications, a dressé le bilan d’une transformation qui a profondément modifié les performances de l’entreprise.
Devant un auditoire composé de dirigeants d’entreprises, d’universitaires et d’experts du management, la dirigeante a présenté les résultats d’une stratégie fondée sur la modernisation des processus, la digitalisation des services et l’amélioration de la gouvernance interne. Une démarche qui a permis à CAMTEL de faire passer son chiffre d’affaires de 119 milliards de FCFA à plus de 235 milliards de FCFA entre 2018 et 2025, soit une progression de près de 97 % en sept ans.
Cette évolution intervient dans un environnement particulièrement concurrentiel. Le marché camerounais des télécommunications est dominé par plusieurs opérateurs qui se disputent un secteur en pleine mutation, porté par la croissance de la consommation de données mobiles, le développement de la fibre optique et l’essor des services numériques. Dans ce contexte, la capacité de CAMTEL à maintenir sa croissance tout en consolidant sa position apparaît comme l’un des faits marquants de ces dernières années.
Selon la direction générale, l’un des principaux leviers de cette progression réside dans la digitalisation des opérations. L’entreprise a notamment généralisé les procédures numériques pour les abonnements fixes et le paiement des factures. Cette évolution a permis de réduire les pertes de revenus, de sécuriser davantage les encaissements et d’améliorer l’expérience client. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à adapter l’entreprise aux nouvelles exigences du marché.
Au-delà du chiffre d’affaires, les indicateurs financiers témoignent également d’une amélioration de la rentabilité. CAMTEL a enregistré un bénéfice net supérieur à 13 milliards de FCFA en 2025, confirmant la capacité de l’entreprise à transformer sa croissance commerciale en création de valeur. Une performance qui intervient alors que de nombreux opérateurs télécoms africains sont confrontés à une pression croissante sur leurs marges.
La transformation engagée repose également sur une évolution de la culture managériale. Forte de plus de trente années d’expérience au sein de l’entreprise, Judith Yah Sunday a mis l’accent sur la responsabilisation des équipes, la recherche de performance et le renforcement des mécanismes de transparence. La direction cite notamment les réformes introduites dans les processus de recrutement et de gestion des ressources humaines afin de renforcer la confiance et l’efficacité organisationnelle.
Pour plusieurs observateurs du secteur, cette expérience illustre les mutations actuellement à l’œuvre dans certaines entreprises publiques africaines confrontées à la nécessité de gagner en compétitivité. Dans un contexte où la transformation numérique devient un moteur essentiel de croissance, les opérateurs capables de moderniser leurs structures et leurs méthodes de gestion disposent d’un avantage stratégique important.
À Douala, le message porté par la direction générale était clair : la performance durable ne repose plus uniquement sur les investissements matériels, mais aussi sur la capacité des organisations à transformer leur gouvernance, leurs processus et leur culture interne. Une conviction qui semble aujourd’hui porter ses fruits pour l’opérateur historique camerounais.
Amélie Yandal



