À Douala, l’électricité produite à Nachtigal pourrait bientôt alimenter davantage d’unités industrielles. Le 30 octobre 2026, à Yaoundé, Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun et quatre autres pays d’Afrique centrale, a annoncé que 170 MW supplémentaires pourraient être accessibles aux entreprises de la capitale économique avant la fin de l’année. Cette perspective dépend toutefois du renforcement du réseau de transport, maillon qui retarde encore l’acheminement de l’énergie vers le Littoral.
Ces 170 MW ne correspondent pas à une extension de la centrale. Ses sept groupes de 60 MW totalisent déjà 420 MW et sont opérationnels depuis mars 2025. Le défi se situe désormais sur le réseau. Le deuxième corridor doit renforcer l’évacuation de cette production vers le Littoral, notamment grâce à la ligne de 400 kV Nyom 2–Nkolkoumou–Edéa. Composée de 397 pylônes, elle doit offrir une capacité de transit de 1 500 MW.
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Le calendrier reste serré. Lors d’une inspection le 7 octobre, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a fixé à novembre l’achèvement de plusieurs ouvrages. Au poste d’Edéa-Béon, le taux d’exécution atteignait 95 %, mais la livraison a été reportée au 15 novembre, notamment en raison de l’arrivée tardive d’un câble principal. L’objectif des 170 MW reste donc suspendu à l’achèvement des travaux et aux essais de mise en service.
L’enjeu commercial est considérable. Le 6 octobre, le ministère estimait à environ 150 MW la demande industrielle supplémentaire susceptible d’être raccordée grâce aux investissements dans le transport et la distribution. Ces nouvelles consommations pourraient générer près de 4 milliards de FCFA de recettes commerciales mensuelles, soit un potentiel de 48 milliards sur douze mois. Il s’agit de projections, non de revenus déjà encaissés. Pour les entreprises, l’accès au réseau pourrait réduire le recours à l’autoproduction et alléger les coûts énergétiques.
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« Beaucoup d’énergie est produite à Nachtigal et est d’ailleurs utilisée. Mais elle le serait encore plus si les industriels qui produisent pour eux-mêmes aujourd’hui y avaient accès », a expliqué Cheick Fantamady Kanté. Pour les unités industrielles de Douala, le raccordement pourrait améliorer la continuité de l’alimentation et soutenir leur compétitivité. Mais aucune liste des entreprises bénéficiaires, répartition des 170 MW ou échéance individuelle de raccordement n’a encore été publiée. La mise en service du deuxième corridor devra donc transformer la capacité de production existante en énergie effectivement livrée aux grands consommateurs du Littoral.
Fabrice Tatisson



