Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine
La République centrafricaine voit sa dette publique poursuivre sa progression, avec une évolution marquée de sa composante extérieure. À fin septembre 2026, le taux d’endettement s’établit à 62,21 % du produit intérieur brut, contre 58,67 % un an auparavant. Cette hausse de 3,54 points maintient le pays sous le plafond communautaire de 70 % retenu dans le cadre de surveillance multilatérale de la CEMAC. Mais la progression du ratio intervient alors que l’économie demeure confrontée à une croissance modérée. Le président Faustin-Archange Touadéra l’a évaluée à 3 % en 2025, soit deux fois le rythme de 2024. Pour 2026, la Banque africaine de développement table sur 2,9 %, tandis que le Fonds monétaire international retient une projection de 2,6 %.
En valeur, le stock global de la dette, arriérés compris, atteint 1 174,11 milliards FCFA, contre 1 082,86 milliards un an plus tôt, soit une augmentation de 8,4 %. La principale évolution concerne la dette extérieure, passée de 356,7 à 666,4 milliards FCFA, tandis que la dette intérieure s’est contractée de 726,1 à 507,7 milliards. Le portefeuille est désormais composé de 56,76 % de dette extérieure et de 43,24 % de dette intérieure. Les arriérés enregistrent, pour leur part, un léger recul, de 179,67 à 171,70 milliards FCFA. Les émissions de titres publics progressent parallèlement de 9,59 à 49,59 milliards FCFA, signe d’un recours accru au marché régional pour mobiliser des ressources.
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La structure des créanciers extérieurs révèle une concentration notable. Taïwan détient 17,89 % de l’encours extérieur et représente 37,76 % de la dette bilatérale. L’Arabie saoudite suit avec 8,61 %, devant l’Inde, à 6,33 %. Du côté des institutions multilatérales, le Fonds monétaire international occupe la première place avec 29,82 % de la dette extérieure, devant la Banque mondiale, qui en détient 13,15 %. Cette configuration expose les finances publiques à des risques liés à la concentration des engagements, mais aussi aux conditions de décaissement et de remboursement négociées avec les différents partenaires.
À l’intérieur du pays, les titres publics constituent la principale composante de la dette domestique, avec une part de 83 %. Les autres engagements intérieurs représentent 14 %, tandis que les arriérés pèsent 3 %. Le service de la dette s’est élevé à 21,38 milliards FCFA au troisième trimestre, contre 19,6 milliards à la même période de référence. Sur un montant prévisionnel de 22,93 milliards, le taux d’exécution atteint 93,24 %. Ces remboursements pèsent sur la trésorerie de l’État, dans un contexte où le financement des dépenses publiques et des investissements reste une équation délicate.
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Le coût du financement constitue néanmoins un élément de différenciation entre les deux composantes du portefeuille. Selon le ministère, la dette extérieure bénéficie de conditions largement concessionnelles, avec un taux d’intérêt moyen de 0,9 % et une maturité moyenne de 7,9 ans. La dette intérieure est plus onéreuse : son taux moyen atteint 4,1 %, pour une maturité de 5,4 ans. Les échéances à moins d’un an concernent 5,5 % de la dette intérieure, contre 8,27 % de la dette extérieure, selon les données publiées. Ces paramètres soulignent l’importance d’une gestion active des échéances et du refinancement.
Pour Bangui, l’enjeu consiste désormais à préserver la soutenabilité de la dette tout en mobilisant les ressources nécessaires au financement du développement. La progression du stock, l’augmentation de la part extérieure et le recours aux titres publics appellent une surveillance étroite, malgré des conditions de financement extérieur relativement favorables. Le respect du plafond communautaire ne suffit donc pas, à lui seul, à mesurer la marge de manœuvre budgétaire du pays : le rythme de croissance, les recettes publiques, le coût du service et la capacité à transformer les emprunts en investissements productifs pèseront sur la trajectoire financière des prochaines années.
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Sorelle Ninguem



