Le renchérissement du gasoil importé se poursuit au Cameroun, même si son rythme ralentit. Selon la nouvelle structure de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), applicable du 1er au 30 novembre 2026 au dépôt de Douala-Bonabéri, le coût d’importation du litre atteint 984,46 FCFA, contre 974,93 FCFA en octobre. Cette progression de 9,53 FCFA intervient après une hausse beaucoup plus marquée de 114,83 FCFA entre septembre et octobre. Depuis juillet, où il s’établissait à 653,85 FCFA, le coût du produit a ainsi bondi de 50,6 %.
Cette évolution contraste avec la stabilité du prix à la pompe. À Douala, le litre de gasoil demeure vendu à 828 FCFA, soit 156,46 FCFA de moins que son coût d’importation. Pour maintenir cet écart, la structure tarifaire fait apparaître un soutien de l’État de 439,83 FCFA par litre, contre 430,30 FCFA en octobre et 109,22 FCFA en juillet. Cette compensation contribue à ramener le prix d’entrée au dépôt de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) à 565,37 FCFA TTC. Il s’agit toutefois d’un ajustement tarifaire, qui ne correspond pas nécessairement à une dépense publique effectivement décaissée pour chaque litre vendu.
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Le mouvement n’est pas uniforme pour l’ensemble des produits pétroliers. Le pétrole lampant affiche un coût d’importation de 912,93 FCFA le litre, pour un prix de détail maintenu à 350 FCFA. Le soutien inscrit dans sa structure tarifaire atteint 722,34 FCFA, contre 660,09 FCFA en octobre, soit une hausse de 9,4 %. À l’inverse, le super connaît un léger repli : son coût d’importation passe de 702,60 à 701,82 FCFA le litre, tandis que la compensation recule de 205,76 à 204,98 FCFA. Son prix à la pompe reste fixé à 840 FCFA.
Cette pression sur les coûts intervient dans un contexte budgétaire délicat. Le 14 octobre 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a évalué à 57 milliards de FCFA le soutien public aux carburants pour le seul mois de septembre. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI), dans ses conclusions publiées le 1er octobre, a averti que le poids des subventions aux carburants contribuerait à une nouvelle dégradation du solde budgétaire camerounais en 2026. Ces données soulignent l’importance de la facture énergétique pour les finances publiques, même si les montants mensuels annoncés et les compensations unitaires des structures tarifaires ne sont pas directement comparables.
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Dans le détail, le prix du produit gasoil importé ressort à 848,53 FCFA le litre. L’intégration des droits de douane, de la TVA, des autres prélèvements et des frais liés à l’importation porte son coût à 984,46 FCFA. La structure prévoit ensuite plusieurs composantes, dont 65 FCFA de taxe spéciale sur les produits pétroliers, 54,50 FCFA de péréquation transport, 47,88 FCFA de soutien à la raffinerie et 22,50 FCFA destinés à la modernisation des infrastructures. Autant de postes qui participent à la formation du prix final et dont l’évolution reste déterminante pour l’équilibre du marché camerounais des produits pétroliers.
Fabrice Tatisson



