La rencontre place les finances publiques et la transformation économique au centre du dialogue. Prévue sur deux semaines, la mission doit actualiser le diagnostic économique, identifier les risques et préciser les perspectives.
Le gouvernement met en avant une croissance de 3,5 % en 2025, une décrue de l’inflation, un déficit budgétaire autour de 2 % et une dette publique à 44 % du PIB. Le MINEPAT souligne davantage d’importations d’équipements et une diversification des exportations hors pétrole. Ces données correspondent à la présentation des autorités camerounaises.
L’exécutif veut transformer cette résilience en accélération de la croissance. L’évaluation à mi-parcours de la SND30 souligne la nécessité de mieux aligner les ressources publiques sur les priorités nationales, d’améliorer la maturation des projets et l’efficacité de la dépense.
Pour les entreprises, l’enjeu passe aussi par l’import-substitution. Le gouvernement entend stimuler la production locale, réduire certaines dépendances aux importations et renforcer la compétitivité du secteur privé. Cette stratégie suppose de renforcer les infrastructures, notamment l’électricité et les transports, et d’améliorer l’accès au financement.
Ces priorités rejoignent plusieurs observations du FMI. Dans son évaluation 2026 au titre de l’article IV, l’institution relevait les déficits d’infrastructures, la profondeur limitée du secteur financier et certains obstacles réglementaires comme des contraintes à la croissance. Elle préconisait notamment de renforcer la planification et l’exécution des investissements publics.
Christine Dieterich a par ailleurs insisté sur les contraintes d’accès aux financements. Selon le MINEPAT, elle a appelé à préserver la stabilité macroéconomique tout en améliorant l’efficacité de la dépense d’investissement et la mobilisation des recettes fiscales et douanières. L’objectif est d’élargir l’espace budgétaire pour financer infrastructures et services sociaux.
Le rendez-vous de septembre intervient après la consultation Article IV menée du 29 janvier au 12 février 2026. À son issue, le FMI projetait une croissance de 3,3 % en 2026 et signalait des risques à la baisse. Cette revue doit actualiser le diagnostic et préciser les perspectives économiques du pays à court et moyen terme.
Tressy Chouente



