Yaoundé accueille pour la première fois le Conseil d’administration de l’International Cocoa Initiative (ICI). Sa 54e session se tient du 2 au 5 novembre 2026, quelques mois après l’installation du bureau national de l’organisation au Cameroun. Les représentants de l’industrie chocolatière mondiale y débattent des enjeux sociaux et de la durabilité de la filière.
Les travaux, placés sous le thème « Transformer les défis sociaux en opportunités de partenariat pour une filière cacao responsable et durable au Cameroun », portent sur le travail des enfants, le travail forcé et les atteintes aux droits humains. À l’ouverture, le 3 novembre, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a plaidé pour une meilleure répartition de la valeur. Euphrasie Aka, directrice Afrique de l’ICI, et le représentant du ministère du Travail ont insisté sur l’éducation et la formation.
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Le ministre a surtout replacé le débat sur le revenu des planteurs, au cœur de la viabilité économique des exploitations. Selon lui, les exigences des marchés ne peuvent être respectées durablement sans rémunération équitable des producteurs. Il a dénoncé l’opacité de la chaîne de valeur et affirmé que les planteurs ne capteraient qu’environ 7 % de la valeur générée par le cacao.
Les statistiques récentes renforcent ce constat. Après un record de 309 518 tonnes commercialisées en 2024-2025, le Cameroun est retombé à 247 914 tonnes en 2025-2026, soit un recul de 19,9 %. Les exportations ont diminué à 125 469 tonnes, contre 192 012 tonnes un an plus tôt, tandis que la transformation locale a baissé de 13 %, à 95 946 tonnes. Ces chiffres illustrent les défis de compétitivité, alors que les acheteurs renforcent leurs exigences de traçabilité et de garanties sociales.
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Pour les entreprises de la filière, l’enjeu est de sécuriser les approvisionnements tout en garantissant le respect des droits humains. Le bureau national de l’ICI et cette session rapprochent industriels, autorités, producteurs et société civile. Reste à traduire la mobilisation en résultats sur les revenus agricoles, la scolarisation et la traçabilité. La durabilité doit devenir un levier de valeur pour les acteurs locaux et un argument de compétitivité pour le cacao camerounais.
Tressy Chouente



