Pour réduire la dépendance du Cameroun au riz importé, la bataille se joue aussi dans les champs, les unités de transformation et les ateliers de fabrication d’équipements. Le 11 septembre à Yaoundé, le Projet de développement de la chaîne de valeur du riz (RVCDP) et le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) ont officialisé un protocole d’accord de 246,7 millions de FCFA. D’une durée de deux ans, l’initiative est cofinancée par la Banque islamique de développement (BID) et AfricaRice.
Le programme s’articule autour de quatre chantiers : consolider le système national de semences, améliorer la transformation et la valorisation du riz, développer les compétences locales dans la fabrication d’équipements agricoles et apporter un appui technique à des institutions de recherche et de production. Sont notamment concernés l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) et la Mission de développement de la vallée du Haut-Noun (UNVDA). La coordination opérationnelle sera assurée par un groupe de travail conjoint basé à Bamenda.
Lire aussi : CAMEROUN – AGROALIMENTAIRE : Le recul des importations de riz et de maïs allège la facture de 11 milliards FCFA
Le transfert de savoir-faire constitue l’un des leviers de cette coopération. À travers le mécanisme dit de « coopération inversée » (Reverse Linkage), AfricaRice doit partager avec les acteurs camerounais ses technologies et son expertise. Pour le secteur semencier, l’appui portera notamment sur la production, le contrôle de qualité, la certification, le stockage et la gestion du matériel génétique. L’amélioration des pratiques post-récolte et des procédés de transformation doit, elle, contribuer à limiter les pertes et à accroître la valeur ajoutée créée localement.
L’enjeu est considérable pour une filière appelée à prendre davantage de place dans l’approvisionnement du marché national. Le gouvernement vise une production de 460 000 tonnes en 2027, soit environ trois fois le niveau de 2024, selon les objectifs de programmation économique cités dans la presse. En parallèle, les achats de riz à l’étranger ont représenté 268,7 milliards de FCFA en 2025, malgré un recul de 15,6 % sur un an. Cette facture équivalait à 5,1 % des dépenses totales d’importation du pays.
Lire aussi : CAMEROUN : Les importations de riz reculent de 15,6 % en 2025
La baisse des importations constitue un signal favorable, mais elle ne suffit pas à établir que l’offre locale répond durablement à la demande. La hausse des rendements, la disponibilité de semences adaptées, la capacité de transformation et l’accès aux équipements resteront déterminants. En accompagnant ces maillons, le partenariat avec AfricaRice cherche à faire progresser la production tout en renforçant les compétences et les capacités techniques nationales.
Tressy Chouente



