Le chantier ouvre un nouveau front pour les entreprises locales du BTP. GER-RCA et Construction-RCA aménageront Bossangoa-Bouca, sur 96 km, et Ndjoh-Bogangolo, sur 77 km. Inscrits dans le PRACAC, ces travaux doivent rapprocher les zones de production des marchés. Le délai d’exécution est fixé à douze mois.
L’enjeu dépasse l’ouverture de pistes. Les deux axes doivent rejoindre la route Bossembélé-Bossangoa, dont 150 km doivent être réhabilités dans le cadre du PRACAC. À Bossangoa, des voies de desserte compléteront le dispositif pour relier producteurs, populations et entreprises locales à la route principale. Objectif : réduire les contraintes logistiques qui renchérissent le transport et compliquent l’accès des productions agricoles aux centres de consommation.
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Le coton illustre le coût de cet enclavement. Selon la BEAC, la production de coton graine est passée de 844,7 tonnes en 2024 à 221,4 tonnes en 2025, soit -73,8 %. Les exportations de coton fibre ont reculé de 339,5 à 84,7 tonnes. La dégradation des pistes freine notamment l’acheminement vers l’unique usine d’égrenage de Bossangoa, d’une capacité de 250 tonnes par jour.
Pour les deux attributaires, le contrat constitue un test pour le BTP national. Qualité et respect des délais seront déterminants. La réussite du chantier devra permettre aux entreprises centrafricaines de consolider leur capacité à intervenir sur des infrastructures soutenues par les bailleurs et à capter davantage de commandes liées au développement des corridors régionaux.
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L’opération s’inscrit dans un programme régional plus vaste. En juin 2026, la Banque mondiale a approuvé 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor Douala-Bangui, long de plus de 1 400 km. Sa première phase, de 525 millions de dollars, prévoit des réhabilitations routières, des centres logistiques, des routes de desserte et des mesures de facilitation des échanges. La RCA doit bénéficier de 90 millions de dollars.
Cet axe concentre plus de 80 % du commerce extérieur centrafricain. Pourtant, le fret peut atteindre 270 dollars par tonne et les trajets durer neuf à douze jours. Le programme de la Banque mondiale doit réduire ces goulets d’étranglement et améliorer l’accès aux marchés. Il devrait générer entre 2 000 et 4 000 emplois directs et indirects sur son cycle de vie.
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Le volet routier du PRACAC en RCA mobilise 176 millions de dollars et prévoit des stations de pesage et des dispositifs de comptage. À terme, le projet doit mieux connecter les territoires ruraux aux grands axes commerciaux et soutenir les filières agricoles.
Avec ces 173 km, le PRACAC descend ainsi jusqu’aux bassins de production. Pour l’économie centrafricaine, la route doit devenir un levier d’évacuation des récoltes et de croissance. Pour GER-RCA et Construction-RCA, le défi est désormais de transformer ces marchés en référence pour le BTP national.
Sorelle Ninguem



