Après deux années de chantier, le pont de Malombo est désormais accessible aux usagers. Inauguré le 5 août 2026 par Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, cet ouvrage construit sur le fleuve Nyong marque l’aboutissement d’un projet destiné à améliorer la mobilité dans cette partie de la région du Centre. Réalisé sur instruction du président de la République Paul Biya, il établit une liaison permanente entre les départements du Nyong-et-Kellé et du Nyong-et-So’o, longtemps séparés par les contraintes liées à la traversée du fleuve.
Entièrement financé par le Budget d’investissement public du ministère des Travaux publics, le pont représente un investissement global de plus de 9,15 milliards de FCFA. Les travaux de construction ont mobilisé 8,63 milliards de FCFA TTC, auxquels s’ajoute un avenant de 522,71 millions de FCFA. La mission de contrôle, assurée par le groupement INTEGC/General Engineering, a nécessité une enveloppe de 752,95 millions de FCFA TTC, tandis que l’exécution du chantier a été confiée à l’entreprise chinoise China First Highway Engineering Company (CFHEC).
Long de 160 mètres, le pont de Malombo a été conçu pour répondre aux besoins de circulation des populations et des activités économiques locales. L’infrastructure comprend deux voies de circulation de 3,5 mètres chacune, deux trottoirs d’un mètre pour les piétons ainsi que 960 mètres de voies d’accès aménagées. Elle intègre également des dispositifs d’assainissement comprenant fossés, dalots et ouvrages hydrauliques afin d’assurer sa résistance face aux contraintes environnementales.
L’ouverture de cet ouvrage met fin à une longue période marquée par les difficultés de franchissement du fleuve Nyong. Pendant plusieurs années, les habitants ont dû recourir à des moyens de transport précaires, notamment les pirogues, exposant les voyageurs à des risques importants. Pour les élèves, les commerçants, les agriculteurs ou encore les personnes nécessitant des soins médicaux, cette nouvelle infrastructure représente une amélioration significative des conditions de déplacement et de l’accès aux services essentiels.
Au-delà de sa vocation première de sécurisation des déplacements, le pont de Malombo ambitionne de devenir un outil de développement économique. En facilitant le transport des marchandises et en réduisant les contraintes logistiques, il devrait contribuer au rapprochement des zones de production avec les marchés, tout en renforçant les échanges entre les communautés du Nyong-et-Kellé et du Nyong-et-So’o. Le chantier a également généré des retombées locales avec la création d’environ 85 emplois directs, dont une cinquantaine au profit des populations riveraines.
Lors de la cérémonie de mise en service, les représentants des populations et des élites locales ont salué une infrastructure porteuse d’espoir. Irène Pauline Nguene, ministre des Affaires sociales, a mis en avant la portée sociale du projet, estimant qu’il permettra aux populations vulnérables de se déplacer davantage en sécurité. Le maire de Makak, M. Bogol, a pour sa part présenté cet ouvrage comme une réalisation historique pour le développement du Nyong-et-Kellé.
Avec son entrée en service, le pont de Malombo s’inscrit dans la stratégie de modernisation des infrastructures routières camerounaises. Plus qu’un simple ouvrage de franchissement, il devient une nouvelle connexion territoriale appelée à soutenir la mobilité, les échanges commerciaux et l’intégration économique locale. Dans une région où les infrastructures jouent un rôle déterminant dans la croissance, cette réalisation ouvre une nouvelle étape pour le développement du Centre du Cameroun.
Esther Grace



