Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la BEAC et Mike Ogbalu III, Directeur général du PAPSS.
L’annonce faite en avant-première à Yaoundé est désormais une réalité. Le 9 juillet 2026, au Caire, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a officiellement rejoint le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), plateforme continentale de paiements développée par Afreximbank en partenariat avec l’Union africaine et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cette adhésion, révélée le 1er juin lors du Kick-Off du Pro Meet Up (PML) 2026 par le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, marque une étape décisive dans l’intégration financière de l’Afrique centrale.
Pour les entreprises de la CEMAC, l’enjeu est considérable. Le PAPSS permet d’effectuer des règlements transfrontaliers quasi instantanés en monnaies africaines, sans passer par le dollar ou l’euro ni recourir aux banques correspondantes internationales. Ce mécanisme réduit les délais de paiement, limite les coûts de conversion et améliore la fluidité des échanges commerciaux, un levier essentiel pour renforcer la compétitivité des entreprises africaines dans le cadre de la ZLECAf.
Avec cette adhésion, la CEMAC dispose de son premier accès direct à cette infrastructure qui couvre déjà 28 pays, plus de 190 banques commerciales et fintechs ainsi que 16 plateformes nationales de paiement, avec une extension prévue vers plus de 250 institutions financières. L’intégration de la BEAC ouvre ainsi le réseau aux six États membres de la communauté – Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad –, soit un marché de plus de 72 millions d’habitants.
Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, également président de l’Association des banques centrales africaines, estime que cette évolution favorisera des paiements transfrontaliers plus rapides, moins coûteux et plus sûrs. Il a invité les banques commerciales et les établissements financiers de la sous-région à préparer leur intégration à la plateforme. De son côté, Mike Ogbalu III voit dans cette adhésion une avancée majeure pour connecter davantage l’Afrique centrale aux grands corridors commerciaux du continent.
Pour les opérateurs économiques, les bénéfices attendus dépassent le seul paiement des transactions. Les exportateurs, importateurs, banques et fintechs pourront réduire leurs coûts opérationnels, accélérer les règlements et limiter leur exposition aux fluctuations des devises internationales. À terme, les particuliers devraient également bénéficier de transferts d’argent plus rapides et moins onéreux entre pays africains.
Cette avancée intervient alors que la ZLECAf cherche à accroître un commerce intra-africain encore inférieur à 20 % des échanges du continent. L’opérationnalisation du système au sein de la CEMAC, prévue progressivement d’ici fin 2026, constituera une étape déterminante pour renforcer les échanges régionaux et accélérer l’intégration des marchés financiers africains. Pour les entreprises d’Afrique centrale, la décision de la BEAC ouvre ainsi la voie à un environnement de paiement plus moderne, plus compétitif et davantage adapté aux ambitions économiques du continent.
Tressy Chouente



