Depuis plusieurs mois, l’avenir de la Sosucam, principal producteur de sucre au Cameroun, suscite de nombreuses interrogations. L’annonce de la volonté de Somdia de céder sa participation a alimenté les spéculations sur un possible désengagement du groupe Castel du secteur agro-industriel camerounais. Face à ces inquiétudes, Gregory Clerc a clarifié la position du groupe lors d’un entretien accordé à EcoMatin.
Le dirigeant confirme que l’État du Cameroun a été officiellement informé de cette intention. Il insiste toutefois sur un point essentiel : aucune décision ne sera prise au détriment de la stabilité de l’entreprise ou des salariés. « Notre priorité à court terme est de construire une solution positive, pérenne et équilibrée permettant de préparer sereinement la prochaine campagne, en étroite concertation avec les autorités », a-t-il déclaré.
Créée en 1965, la Sosucam occupe une place stratégique dans l’économie nationale. Implantée à Mbandjock et Nkoteng dans la région du Centre, elle est le principal producteur de sucre du pays et l’un des plus importants employeurs du secteur agro-industriel. Ses activités génèrent plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects à travers sa chaîne de valeur.
Au-delà d’une simple opération financière, l’enjeu est également économique et social. Dans un contexte marqué par la hausse de la demande en produits alimentaires et les enjeux de souveraineté alimentaire, l’avenir de la Sosucam est suivi de près par les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et les acteurs économiques. Le sucre reste un produit stratégique pour la consommation des ménages et plusieurs industries locales.
Gregory Clerc réfute néanmoins toute idée de retrait du Groupe Castel du secteur agricole africain. Il rappelle que l’agri-business demeure un pilier central de sa stratégie continentale. Ces dernières années, Somdia a poursuivi ses investissements, notamment avec l’ouverture d’une distillerie au Congo en 2025 et la mise en service d’une nouvelle unité industrielle à Ferké, en Côte d’Ivoire.
Le groupe affirme également vouloir continuer à soutenir le développement des filières agricoles locales, renforcer les chaînes de valeur et contribuer à la sécurité alimentaire dans les pays où il est implanté. Pour Gregory Clerc, la réflexion autour de la Sosucam s’inscrit davantage dans une évolution de portefeuille que dans un retrait du secteur.
Cette clarification intervient dans un contexte où les investisseurs internationaux ajustent leurs positions en Afrique, dans un environnement marqué par la volatilité des prix, la hausse des coûts de production et les contraintes climatiques. Le secteur sucrier, en particulier, nécessite des investissements lourds pour sa modernisation.
Aucune échéance officielle n’a encore été annoncée pour la finalisation de la cession. Mais une certitude demeure : l’État du Cameroun et le Groupe Castel affichent leur volonté commune de préserver l’entreprise, ses employés et les milliers de familles qui dépendent de son activité. Dans un contexte de plus en plus sensible autour de la souveraineté alimentaire, la Sosucam reste un enjeu majeur du débat économique national.



