Le Cameroun améliore progressivement son positionnement dans le paysage portuaire africain. Selon le classement 2025 du CPPI, qui évalue 403 infrastructures à travers le monde, le port de Douala-Bonabéri gagne onze places et se hisse au 370e rang mondial. Son score passe de -97 à -77,3 points, traduisant une amélioration de son efficacité opérationnelle. Kribi progresse également, mais plus modestement, en occupant la 395e place mondiale avec un score de -216,5 points.
Malgré cette évolution, les deux plateformes figurent encore parmi les moins performantes du classement international. À l’échelle africaine, Douala se positionne au 41e rang sur 54 ports recensés, tandis que Kribi occupe la 50e place. Ces résultats témoignent des efforts engagés ces dernières années, mais révèlent également l’ampleur du chemin restant à parcourir pour atteindre les standards des principaux corridors maritimes du continent.
L’indice de la Banque mondiale mesure principalement le temps passé par les navires dans les ports, depuis leur arrivée jusqu’à leur départ. Les délais d’attente, la rapidité des opérations de manutention, la productivité des terminaux et l’efficacité administrative constituent les principaux critères d’évaluation. Sur ce dernier volet, les ports camerounais continuent d’afficher des contre-performances. L’indice administratif ressort à -297,8 points pour Kribi et à -101,6 points pour Douala. Selon le rapport, les navires ne passent que 47 % de leur temps total à quai à Kribi et 43 % à Douala, signe que les formalités et la coordination logistique demeurent des facteurs de ralentissement.
Cette situation contraste toutefois avec la dynamique commerciale observée à Kribi. Un an après l’entrée en service de son deuxième terminal à conteneurs, le port en eau profonde a traité près de 750 000 EVP en 2025, soit une hausse de 82 % en un an. Le transbordement représente désormais près de 70 % des volumes manutentionnés, renforçant son rôle de plateforme régionale desservant le Congo, le Nigeria, l’Angola et plusieurs pays d’Afrique centrale.
Dans la sous-région, la concurrence reste soutenue. Les ports de Malabo et Bata, en Guinée équatoriale, occupent respectivement les 10e et 22e places africaines. À l’échelle continentale, Tanger Med conserve sa position de référence avec un 6e rang mondial, devant Port-Saïd en Égypte (15e) et Djibouti (53e). Dakar poursuit également sa montée en puissance en se classant 144e mondial.
Les gestionnaires portuaires camerounais contestent néanmoins certains aspects de la méthodologie du CPPI, estimant que des critères tels que les volumes traités, la connectivité terrestre ou les contraintes naturelles propres aux ports d’estuaire ne sont pas suffisamment pris en compte.
Au-delà des classements, l’enjeu est stratégique. Dans un contexte marqué par la montée en puissance de la ZLECAf, la compétitivité des ports devient un levier essentiel pour attirer les flux commerciaux et les investissements. Pour le Cameroun, la modernisation des infrastructures devra désormais s’accompagner d’une simplification des procédures et d’une digitalisation accrue des opérations afin de transformer Douala et Kribi en véritables portes d’entrée du commerce régional.



