Dans un contexte mondial marqué par la sophistication croissante des flux commerciaux et des techniques de fraude, la Direction générale des Douanes (DGD) du Cameroun accélère la montée en compétence de ses équipes. Depuis le 1er juin 2026, cinq agents sont en immersion à Zurich dans un programme de formation dédié aux technologies d’inspection non intrusive, notamment le scanning des conteneurs et l’interprétation avancée des images radiographiques.
Cette initiative est portée par la Société Générale de Surveillance (SGS), acteur international de référence dans les services d’inspection, de certification et de contrôle, en collaboration avec le Center for Adaptive Security Research and Application (CASRA), un centre suisse regroupant plus de cinquante experts, ingénieurs et chercheurs spécialisés dans les systèmes de sécurité et les technologies adaptatives. L’objectif affiché est d’apporter une expertise de haut niveau aux administrations douanières partenaires, dans un environnement où la maîtrise des outils numériques devient un levier stratégique de souveraineté économique.
Pour la Direction générale des Douanes, cette formation s’inscrit dans une logique de modernisation continue des dispositifs de contrôle. L’administration entend améliorer la détection des cargaisons à risque, réduire les délais de traitement au port de Douala-Bonabéri et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Le transfert de compétences constitue ainsi un axe central de cette coopération, en permettant aux agents formés de devenir à leur tour des relais techniques au sein de l’institution.
Sur le plan opérationnel, la SGS joue déjà un rôle clé dans le dispositif de contrôle au Cameroun. Partenaire de l’État dans le scanning des marchandises conteneurisées au port de Douala-Bonabéri, l’entreprise exploite actuellement quatre scanners déployés sur la plateforme portuaire. Ces équipements permettent de renforcer la lutte contre la fraude, la contrebande et les importations non conformes, tout en fluidifiant les opérations de dédouanement.
Selon les données de la DGD, l’utilisation des technologies d’inspection non intrusive contribue significativement à l’amélioration des performances douanières, en réduisant les inspections physiques et en augmentant la capacité de ciblage des contrôles. Dans plusieurs administrations douanières africaines et internationales, ces outils ont permis des gains de productivité estimés entre 20 % et 40 % sur les opérations de contrôle des marchandises.
Au-delà de la dimension technique, cette coopération illustre également l’importance croissante des partenariats public-privé dans la gouvernance des chaînes logistiques. En associant expertise internationale et besoins locaux, le Cameroun cherche à renforcer la transparence, la sécurité et l’efficacité de ses échanges commerciaux, dans un contexte de forte pression sur les recettes fiscales et de compétitivité portuaire accrue dans le golfe de Guinée.
À terme, cette montée en compétence des agents douaniers devrait contribuer à une meilleure sécurisation des flux commerciaux et à une augmentation des recettes douanières, tout en positionnant le port de Douala-Bonabéri comme une plateforme logistique plus performante et mieux intégrée aux standards internationaux.



