Dans la capitale régionale de l’Extrême-Nord, les signaux d’amélioration de l’approvisionnement en eau potable se multiplient. À l’issue d’une tournée technique effectuée le 28 avril 2026, la direction générale de Camwater affiche un optimisme mesuré quant à la réduction progressive du déficit en eau dans la ville de Maroua et ses environs. Sur le terrain, plusieurs chantiers structurants avancent à un rythme soutenu, traduisant la volonté des autorités de renforcer les infrastructures hydrauliques.
Au quartier Kongola, l’un des principaux sites visités, sept forages industriels sont en cours de réalisation. Ces installations devraient permettre d’augmenter significativement la capacité de production journalière, estimée à terme à près de 20 000 m³. Porté par l’entreprise chinoise CGCOC Group, le chantier enregistre une progression jugée satisfaisante par le maître d’ouvrage. L’objectif affiché est une livraison des travaux avant fin juillet 2026.
Non loin de là, sur la colline de Missingilewom, la construction d’un réservoir de stockage d’une capacité de 5 000 m³ atteint un taux d’exécution de 82 %. Cette infrastructure constitue un maillon essentiel du dispositif, en assurant la régulation et la distribution de l’eau produite. Elle vient compléter les efforts engagés pour moderniser le réseau et sécuriser l’approvisionnement dans une ville confrontée depuis plusieurs années à des pénuries récurrentes.
Parallèlement, les travaux de densification du réseau progressent. Sur les 78 kilomètres de conduites prévus, environ 62 kilomètres ont déjà été posés, avec des canalisations de différents diamètres adaptées aux besoins de distribution. Cette extension du réseau vise à desservir de nouveaux quartiers et à améliorer la pression dans les zones déjà raccordées. À terme, ces aménagements devraient permettre une couverture plus large et plus fiable du service.
Au-delà des infrastructures, la stratégie de Camwater intègre également des mesures d’accompagnement destinées à faciliter l’accès des populations. La campagne spéciale de 200 000 branchements, en cours à l’échelle nationale, propose des conditions assouplies pour encourager les ménages à se raccorder au réseau. Selon les responsables, les équipements nécessaires, notamment compteurs et kits de branchement, sont disponibles.
Pour sécuriser la production face aux coupures d’électricité fréquentes dans la région, l’entreprise a acquis trois groupes électrogènes d’une puissance supérieure à 400 KVA chacun. Ces équipements doivent garantir le fonctionnement continu des forages, limitant ainsi les interruptions de service. Dans le même élan, des travaux de réhabilitation des installations administratives ont été engagés afin d’améliorer les conditions de travail du personnel et d’accompagner la modernisation de l’entreprise.
À travers ces investissements, les autorités entendent répondre à une demande croissante en eau potable dans une ville en expansion. Si les travaux respectent les délais annoncés, Maroua pourrait amorcer une sortie progressive de son déficit structurel en eau. Dans cette région où l’accès à l’eau demeure un enjeu majeur de développement, l’aboutissement de ce projet apparaît comme un levier déterminant pour améliorer les conditions de vie des populations et soutenir la dynamique urbaine.



