Sur le corridor énergétique partagé entre le Cameroun et la Guinée équatoriale, le projet gazier Yoyo-Yolanda entre progressivement dans une phase de concrétisation. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) a confirmé, dans son bilan d’activités 2024, la désignation du groupe français Parlym pour réaliser les études d’ingénierie du gisement offshore, considéré comme l’un des plus stratégiques du bassin atlantique ouest-africain.
Cette étape marque une avancée technique majeure dans la structuration du projet, dont les réserves sont estimées à environ 2 500 milliards de pieds cubes de gaz naturel. Elle s’inscrit dans une dynamique de coopération bilatérale renforcée entre les deux États, qui ont engagé depuis plusieurs mois un processus d’unitisation destiné à encadrer l’exploitation commune du champ transfrontalier.
Les études confiées à Parlym doivent permettre de définir les paramètres essentiels du futur développement industriel : architecture des installations, technologies de production, dimensionnement des infrastructures de traitement et scénarios de valorisation du gaz. Selon des informations issues du dossier technique, cette phase préparatoire devrait s’étendre sur environ six mois, sous la supervision d’une équipe dédiée mise en place par la SNH.
Dans la chaîne de développement des projets énergétiques, cette étape constitue un jalon critique. Elle conditionne la rentabilité globale du projet et oriente les décisions d’investissement final, notamment sur le choix des équipements, la logistique offshore et les capacités de transport du gaz extrait. À ce stade, aucune décision d’exploitation n’est encore engagée, le projet restant en phase d’ingénierie avancée.
Le projet Yoyo-Yolanda a connu une accélération diplomatique notable au début de l’année 2026. Une mission conduite en Guinée équatoriale par le ministre camerounais en charge des Mines et des hydrocarbures par intérim, Fuh Calistus Gentry, a permis de rapprocher les positions des deux États sur l’accord d’unitisation. Ce mécanisme juridique est indispensable pour organiser l’exploitation d’un gisement situé à cheval sur une frontière maritime.
Le schéma envisagé prévoit l’installation d’une plateforme de traitement côté Yoyo, ainsi que le forage d’au moins trois puits de développement. L’objectif est de sécuriser la production et d’optimiser l’exploitation du champ dans un cadre mutualisé. Dans ce dispositif, le groupe américain Chevron, désigné opérateur principal, pilote l’ensemble du développement, avec un investissement global évalué à environ 4 milliards de dollars.
Dans ce contexte, l’entrée de Parlym comme bureau d’ingénierie spécialisé vient renforcer l’architecture technique du projet. Elle témoigne de la montée en puissance progressive d’un dossier considéré comme structurant pour la stratégie gazière du Cameroun et de la Guinée équatoriale, dans un marché mondial où la demande en gaz naturel reste soutenue, notamment pour la production d’électricité et l’exportation sous forme liquéfiée.
Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, la consommation mondiale de gaz naturel a progressé de plus de 2 % en moyenne annuelle sur la dernière décennie, confirmant le rôle central de cette ressource dans la transition énergétique. Dans ce contexte, les projets transfrontaliers comme Yoyo-Yolanda apparaissent comme des leviers de mutualisation des coûts et de sécurisation des investissements.
À ce stade, toutefois, le calendrier opérationnel reste conditionné à la finalisation des accords techniques et à la validation des études en cours, laissant encore ouverte la question du lancement effectif de la phase d’exécution.



