Judith Yah Sunday, DG de la Cameroon Telecommunication (Camtel).
À Yaoundé, Camtel poursuit sa stratégie d’extension et de modernisation de son réseau en explorant une nouvelle alternative technologique : le satellite. Cette orientation intervient après plusieurs années d’investissements dans la fibre optique, désormais considérée comme l’ossature principale du haut débit national, mais encore limitée par des contraintes géographiques et financières dans certaines zones reculées.
La rencontre du 8 avril 2026 avec Avanti Communications marque une étape importante dans cette diversification. L’opérateur public camerounais envisage de compléter son infrastructure existante par des solutions satellitaires capables d’assurer une couverture plus large et plus stable sur l’ensemble du territoire. L’objectif affiché est de réduire la fracture numérique et de garantir un accès plus équitable aux services de communication électronique.
Selon les orientations techniques évoquées lors des échanges, la démarche ne vise pas le lancement d’un satellite national, mais plutôt l’acquisition de capacités orbitales auprès d’un opérateur spécialisé. Avanti Communications, acteur britannique du secteur, exploite plusieurs satellites de la gamme HYLAS et fournit de la bande passante à des opérateurs télécoms, des gouvernements et des institutions à travers l’Afrique et d’autres régions du monde. Ce modèle permet une mise en œuvre rapide, sans les coûts élevés liés à la construction et au lancement d’infrastructures spatiales.
Dans sa communication, Camtel insiste sur la complémentarité des technologies. La fibre optique demeure le pilier du réseau à haut débit, tandis que le satellite apparaît comme une solution d’appoint stratégique pour atteindre les zones difficiles d’accès. Cette approche hybride s’inscrit dans une tendance observée sur le continent, où plusieurs États combinent désormais infrastructures terrestres et solutions spatiales pour améliorer la connectivité.
Selon des données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), près de 30 % des populations rurales en Afrique subsaharienne restent encore non couvertes par les réseaux haut débit fiables, un écart que les technologies satellitaires contribuent progressivement à réduire. Cette réalité renforce l’intérêt des opérateurs pour des solutions flexibles et rapides à déployer.
Dans la région, plusieurs initiatives similaires ont déjà été engagées. Au Tchad, un partenariat avec Azercosmos a été signé pour renforcer les services satellitaires et les infrastructures associées. En République démocratique du Congo, le choix s’est orienté vers le développement d’un satellite national confié à Unicom Airnet, illustrant la diversité des stratégies adoptées sur le continent.
Pour le Cameroun, cette réflexion portée par Camtel traduit une volonté d’adaptation face aux défis de l’inclusion numérique et de la couverture territoriale. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation digitale, où la complémentarité des technologies devient un levier essentiel pour soutenir le développement économique et social.



