Sous un soleil de plomb, la localité de Lengué a accueilli un événement marquant pour la filière huile de palme camerounaise. Autorités administratives, élus locaux, investisseurs et planteurs ont assisté au lancement de cette nouvelle unité industrielle d’Opalm, illustrant concrètement la stratégie de transformation locale des matières premières agricoles.
L’huilerie, dont le coût s’élève à 9 milliards de FCFA, affichera une capacité de traitement annuelle de 25 000 tonnes de régimes de palme. Elle devrait générer plus de 340 emplois directs et indirects et injecter chaque année environ 5 milliards de FCFA dans l’économie locale, notamment via l’achat de matières premières auprès des producteurs. Le projet s’inscrit dans une démarche d’industrialisation des bassins agricoles, visant à structurer durablement la chaîne de valeur.
Cette initiative répond aussi à la nécessité de réduire la dépendance du Cameroun aux importations d’huile de palme raffinée. Malgré un potentiel agricole favorable, la production nationale demeure inférieure à une demande estimée à plus de 400 000 tonnes par an, selon le ministère de l’Agriculture et la FAO. La transformation locale apparaît ainsi comme un levier stratégique pour améliorer la balance commerciale.
L’huilerie de Mbanga s’inscrit dans un programme plus vaste d’Opalm, qui prévoit cinq unités industrielles sur le territoire pour un investissement total de 45 milliards de FCFA sur cinq ans. Depuis 2024, la société a collecté plus de 100 000 tonnes de régimes dans le Moungo, reversant aux planteurs plus de 8,5 milliards de FCFA.
Au-delà de l’industrie, Opalm vise à améliorer les rendements agricoles, en accompagnant les producteurs pour passer de 500 kg à près de 2 tonnes d’huile par hectare. Cette progression de 400 % ambitionne de renforcer la productivité et les revenus des exploitants tout en réduisant les pertes post-récolte.
La présence du ministre Gabriel Mbairobe souligne l’importance accordée par l’État aux partenariats public-privé dans le secteur agricole. Le projet s’aligne avec la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30) et le Plan intégré d’import-substitution agro-pastoral et halieutique, encourageant la transformation locale et la création de valeur ajoutée.
À terme, l’huilerie de Lengué devrait redessiner l’écosystème économique du Moungo, en offrant des débouchés stables aux planteurs et en stimulant l’activité locale. Avec un modèle intégré alliant production, transformation et accompagnement technique, Opalm se positionne comme un acteur structurant de la filière dans un contexte de compétition et de souveraineté alimentaire renforcée.



