(LVDE) — Quelques mois après la finalisation de son rachat du groupe sud-africain MultiChoice, le groupe audiovisuel français Canal+ a décidé de mettre un terme aux activités de Showmax, plateforme de diffusion en ligne lancée en 2015 et présente dans plus de 40 pays africains. La décision, motivée par des pertes financières persistantes et une concurrence de plus en plus intense sur le marché du streaming, marque un tournant stratégique pour le géant français qui entend désormais recentrer son offre numérique sur des services jugés plus rentables.
Le paysage du streaming en Afrique s’apprête à connaître un changement majeur. Le groupe français Canal+ a annoncé l’arrêt progressif de Showmax, la plateforme de vidéo à la demande créée par MultiChoice il y a une décennie. Cette décision intervient peu après la prise de contrôle du groupe sud-africain par Canal+, une opération stratégique destinée à renforcer la présence du géant français dans l’audiovisuel africain.
Lancée en 2015, Showmax avait pour ambition de s’imposer comme l’un des principaux services de diffusion numérique sur le continent. Accessible dans plus de 40 pays africains ainsi qu’à l’international, la plateforme proposait un catalogue mêlant productions locales, séries internationales et événements sportifs. MultiChoice avait notamment cherché à rivaliser avec des acteurs mondiaux comme Netflix, Amazon Prime Video ou Disney+ en investissant dans des contenus africains originaux.
Malgré ces efforts, le modèle économique de Showmax n’a jamais atteint la rentabilité attendue. Selon plusieurs analyses sectorielles, la plateforme a enregistré des pertes importantes ces dernières années en raison du coût élevé de production de contenus et de l’acquisition de droits sportifs. Les investissements massifs consentis pour moderniser le service et améliorer l’expérience utilisateur n’ont pas suffi à inverser la tendance financière.
La fermeture de Showmax s’inscrit dans un processus de rationalisation engagé par Canal+ depuis son offensive sur MultiChoice. Le groupe français, déjà très présent en Afrique avec plus de huit millions d’abonnés à ses offres de télévision payante, cherche à consolider son leadership sur un marché audiovisuel en pleine mutation. L’intégration de MultiChoice vise notamment à mutualiser les infrastructures, renforcer les catalogues de contenus et optimiser les plateformes numériques existantes.
Le marché africain du streaming reste toutefois en pleine expansion. Selon les estimations du cabinet Digital TV Research, le continent pourrait compter plus de 15 millions d’abonnés aux services de vidéo à la demande d’ici 2028, contre environ 6 à 7 millions aujourd’hui. Cette croissance est portée par l’augmentation de la pénétration d’internet mobile, la démocratisation des smartphones et la montée en puissance des productions audiovisuelles africaines.
Dans ce contexte, Canal+ pourrait privilégier une stratégie de concentration autour de ses propres plateformes et de partenariats technologiques jugés plus compétitifs. Pour les observateurs du secteur, la disparition de Showmax illustre les défis auxquels sont confrontés les services de streaming opérant en Afrique : coûts élevés des contenus, pouvoir d’achat limité des consommateurs et concurrence accrue des géants mondiaux.
Si la fermeture de la plateforme marque la fin d’une expérience majeure dans l’univers du streaming africain, elle ouvre également une nouvelle phase de restructuration pour Canal+ et MultiChoice, dont l’objectif demeure de bâtir un acteur audiovisuel capable de rivaliser avec les leaders internationaux tout en valorisant les contenus du continent.
Amelie Yandal



