(LVDE) — Le secteur camerounais de la transformation du bois enregistre un nouvel investissement d’envergure. À Douala, MCG Sarl projette d’ériger une unité industrielle estimée à 3 milliards de FCFA pour fabriquer du mobilier de bureau, des cuisines modernes et divers ouvrages en bois, dans un contexte national marqué par la promotion de l’import-substitution et de la création d’emplois locaux.
L’information a été rendue publique le 19 février 2026 à Yaoundé, lors de la signature d’une convention entre MCG Sarl et l’Agence de promotion des investissements (API). À travers cet accord, l’entreprise accède aux avantages fiscaux et douaniers prévus par la législation sur l’investissement privé adoptée en avril 2013, révisée en 2017 et réaménagée par ordonnance présidentielle le 18 juillet 2025. Les nouvelles dispositions renforcent les exigences en matière d’emplois et de transformation des ressources locales.
Le projet prévoit l’implantation, dans la capitale économique, d’une unité dédiée à la production industrielle de portes, de meubles domestiques, de cuisines intégrées et de mobiliers professionnels. L’enveloppe annoncée, évaluée à 3 milliards de FCFA, devrait permettre la création de 350 emplois directs dès la phase initiale, avec une montée en puissance pouvant atteindre près de 1 000 postes à terme. Les promoteurs ambitionnent de structurer une filière complète, depuis l’approvisionnement en bois local jusqu’à la distribution de produits finis compétitifs.
Cette initiative intervient alors que le Cameroun cherche à réduire le poids des importations de biens manufacturés. D’après l’Institut national de la statistique (INS), les achats extérieurs de meubles et d’ouvrages en bois représentent chaque année plusieurs dizaines de milliards de FCFA. Cette facture contribue au déséquilibre de la balance commerciale, dans un pays où le déficit global reste structurel.
Pour inverser la tendance, les autorités multiplient les leviers. Depuis 2023, les circulaires budgétaires prescrivent la priorité aux meubles produits localement dans les marchés publics. La loi de finances 2024 a renforcé ce dispositif en instaurant un droit d’accises de 25 % sur certaines importations de meubles en bois, en métal pour bureaux ou en plastique. L’objectif est de rendre les produits locaux plus compétitifs et d’encourager l’émergence d’industries nationales.
Le potentiel existe. Selon le ministère des Forêts et de la Faune, le pays dispose d’environ 22 millions d’hectares de forêts, soit près de 40 % du territoire national. Malgré cette richesse, une part importante du bois est encore exportée sous forme brute ou peu transformée. La Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) mise précisément sur l’industrialisation accrue des chaînes de valeur forestières afin de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois durables.
À Douala, métropole économique et principal hub logistique du pays, l’implantation de cette nouvelle unité pourrait renforcer l’écosystème industriel local. Si le calendrier est respecté, MCG Sarl entend se positionner comme un acteur de référence sur le marché national du mobilier, tout en contribuant à la dynamique de transformation structurelle de l’économie camerounaise.
Amélie Yandal



