À quelques semaines d’une transformation majeure de son organisation, Guinness Cameroun a placé ses salariés au cœur de l’actualité. Le 16 octobre 2026, au Castel Hall de Douala, le brasseur a remis des médailles d’honneur du travail à 137 collaborateurs, lors d’une cérémonie en présence de Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Au-delà de la reconnaissance de l’ancienneté, ce rendez-vous a permis à la direction de réaffirmer ses engagements envers le personnel avant la fusion annoncée avec la SABC, en janvier 2027.
La répartition des distinctions témoigne de la diversité des parcours récompensés : 61 médailles d’argent, 56 de vermeil et 20 d’or, attribuées au titre de 10, 15 et 25 années de service. Les récipiendaires viennent notamment de la production, de la supply chain, de la qualité, des finances, des ressources humaines, des ventes, du marketing, de la maintenance et de la sécurité. Autant de métiers qui participent au fonctionnement de l’entreprise et à la distribution de ses produits sur le marché camerounais.
Pour Ida Bitolo, déléguée du personnel, cette reconnaissance est aussi l’occasion de rappeler le chemin parcouru par l’entreprise. Elle a salué les efforts consentis en faveur du dialogue social et évoqué la modernisation des installations, le renforcement des capacités de production, l’ouverture d’une clinique interne accessible aux salariés et à leurs familles, ainsi que la promotion des talents camerounais. À l’approche de la fusion, elle a exprimé l’espoir que le rapprochement ouvre de nouvelles possibilités de mobilité professionnelle et d’évolution de carrière.
Le président-directeur général, Stéphane Descazeaud, a pour sa part défendu une vision dans laquelle les performances industrielles doivent aller de pair avec le progrès social. Il a réaffirmé la volonté de la direction de maintenir un dialogue régulier avec les représentants du personnel, de renforcer la santé et la sécurité au travail et de développer les compétences. Le dirigeant a également mis en avant les investissements engagés entre 2023 et 2026 pour moderniser les équipements et accroître les capacités de production. Une nouvelle tranche d’investissements est annoncée en 2027 sur le site de Guinness Cameroun, dans un programme appelé à se poursuivre jusqu’en 2030.
Lire aussi : INDUSTRIE BRASSICOLE : Guinness Cameroon boucle 2025 avec 1,26 milliard de FCFA de pertes
Cette stratégie dépend aussi, selon le dirigeant, de l’environnement dans lequel évoluent les industriels. Il a appelé à une amélioration de la stabilité et du coût de l’énergie, à une logistique portuaire plus performante, à une fiscalité prévisible et à une action renforcée contre la fraude, la contrefaçon et la concurrence déloyale. Des enjeux qui pèsent sur les coûts de production et la compétitivité des entreprises brassicoles.
Mais c’est surtout la fusion avec la SABC, attendue en janvier 2027, qui concentre les attentes des salariés. Stéphane Descazeaud a assuré que l’opération était préparée avec méthode et transparence, dans le respect du dialogue social. La direction promet la continuité des dossiers individuels, de la paie et de la couverture sociale, ainsi que l’intégration des collaborateurs dans les structures de la SABC. Elle s’engage également à informer le personnel à chaque étape du processus. La concrétisation de ces garanties sera déterminante pour accompagner le changement et préserver la confiance des équipes.
Prenant la parole, Grégoire Owona a rappelé que les entreprises qui poursuivent leurs investissements malgré les difficultés contribuent à la création d’emplois et à la confiance dans l’avenir économique du pays. Il a invité les récipiendaires à demeurer des références professionnelles. Présente au Cameroun depuis l’ouverture d’un dépôt à Limbé en 1967, puis l’inauguration de son usine de Douala en 1969, Guinness Cameroun emploie plus de 300 personnes et commercialise des bières, des boissons alcoolisées mélangées et une boisson énergisante. À l’aube de son rapprochement avec la SABC, l’entreprise doit désormais conjuguer continuité industrielle, intégration organisationnelle et protection des acquis sociaux.
Fabrice Tatisson



