À Yaoundé, SOCADEL et CAMTEL veulent faire de la complémentarité de leurs réseaux un levier de développement. Les deux entreprises publiques ont signé, le 16 octobre 2026, un mémorandum d’entente ouvrant la voie à une mutualisation de leurs infrastructures électriques et de télécommunications. Une coopération encore à l’étude, mais qui pourrait modifier les conditions de déploiement de la fibre optique et de raccordement de certains sites stratégiques.
Le principe consiste à mieux exploiter les équipements existants plutôt qu’à multiplier les investissements. CAMTEL entend mobiliser son backbone national en fibre optique, ses capacités de connectivité nationale et internationale ainsi que son savoir-faire dans le déploiement des réseaux. SOCADEL envisage, de son côté, de mettre à contribution ses supports électriques, ses emprises et les possibilités offertes par ses futurs déploiements intégrant la fibre.
Lire aussi : CAMTEL-SIC : La fibre optique s’invite dans les logements sociaux
Pour CAMTEL, le partage de ces infrastructures pourrait faciliter l’extension du réseau et diversifier les itinéraires de transmission, afin de renforcer la continuité des liaisons. SOCADEL pourrait, pour sa part, améliorer l’interconnexion de ses agences, centres d’exploitation et autres sites stratégiques, tout en accompagnant la modernisation de ses activités.
« La signature du mémorandum d’entente confirme nos intentions et engage nos experts à accélérer la structuration de cette démarche », a déclaré Oumarou Hamandjoda, directeur général de SOCADEL. Le dirigeant souhaite passer rapidement de l’intention à une convention-cadre, puis à une première phase d’implémentation sur des sites pilotes.
Lire aussi : CAMEROUN – ÉNERGIE : General Bank, Afriland et BGFI structurent un financement de 200 milliards FCFA pour la Socadel
Sa collègue de CAMTEL, Judith Yah Sunday épouse Achidi, met en avant la perspective de réduire les coûts de déploiement et d’élargir la desserte. Les études à conduire devront toutefois établir les conditions techniques et économiques du partage, avec des bénéfices mesurables pour les deux entreprises et leurs usagers.
Au-delà des économies potentielles, une planification concertée pourrait limiter la duplication des infrastructures et l’encombrement des emprises, notamment en milieu urbain. Mais ces avantages restent à confirmer. La sécurité des installations et des personnels, le respect de la réglementation et la préservation des droits de chaque entreprise devront également encadrer le dispositif.
Lire aussi : DIGITALISATION DES ÉTABLISSEMENTS SECONDAIRES : 130 lycées et collèges ciblés par un partenariat CAMTEL-MINESEC
Le mémorandum ne vaut donc pas encore accord opérationnel. Les parties doivent conduire des études techniques, juridiques et économiques avant de préciser, dans une convention-cadre, le périmètre et les modalités de mise en œuvre. Aucun calendrier de déploiement, budget ni site pilote n’a été annoncé.
Pour SOCADEL, créée en mai 2026 en remplacement d’Eneo Cameroon, et CAMTEL, opérateur public de télécommunications, l’enjeu est désormais de transformer cette volonté de coopération en résultats concrets. La réussite du projet dépendra de la faisabilité du partage, de son financement et de sa capacité à améliorer durablement les services d’électricité et de connectivité.
Lire aussi : ÉNERGIE : La SOCADEL lance son redressement avec un budget de 630 milliards FCFA
Amélie Yandal



