À Yaoundé, le solaire cherche de nouveaux relais de croissance. Du 11 au 13 novembre 2026, Solar Connect Africa réunira fournisseurs de technologies, développeurs, investisseurs et décideurs publics pour transformer les opportunités énergétiques en projets commerciaux. Les organisateurs annoncent plus de 100 exposants, 1 500 participants, plus de 20 intervenants et une dizaine de conférences sur près de 5 000 m². L’ambition est de faire du rendez-vous une plateforme de négociation autant qu’une vitrine technologique.
Le salon s’inscrit dans un contexte de besoins énergétiques persistants. Selon la Banque mondiale, les données publiées en janvier 2025 faisaient état d’un accès à l’électricité de 71 % au Cameroun, avec de fortes disparités entre zones urbaines et rurales. Les installations photovoltaïques, les systèmes autonomes et les mini-réseaux peuvent contribuer à desservir les ménages, les petites entreprises et les services éloignés du réseau. À l’échelle régionale, la demande de solutions solaires et de stockage ouvre des perspectives aux entreprises capables de proposer des équipements fiables et des modèles économiques viables.
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Pour cette deuxième édition, la mobilité électrique et l’agrivoltaïsme rejoignent le solaire et le stockage d’énergie parmi les thèmes annoncés. Le programme prévoit des sessions plénières consacrées à l’accès à l’énergie, à l’innovation et au financement, des ateliers techniques, des démonstrations ainsi que des rencontres B2B, B2G et B2C. Un dispositif de mise en relation doit faciliter les échanges entre fournisseurs, acheteurs, porteurs de projets et partenaires financiers. L’enjeu sera de convertir les contacts en contrats et en projets effectivement financés.
La cible dépasse les seuls professionnels de l’énergie. Les PME et organisations des secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, de la santé, de l’éducation et de l’agriculture sont invitées à comparer les technologies disponibles et à identifier des solutions adaptées à leurs besoins. Les institutions financières pourront, de leur côté, rencontrer des porteurs de projets et examiner les possibilités d’accompagnement d’initiatives bancables. Cette approche vise à rapprocher les besoins opérationnels des entreprises des équipements et financements susceptibles d’y répondre.
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Le rendez-vous bénéficie du parrainage du ministère de l’Eau et de l’Énergie. Les organisateurs mentionnent également le soutien institutionnel des ministères chargés de la Décentralisation et du Développement local, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, des Transports, du Commerce, ainsi que de l’Économie et de la Planification. Des partenariats sont annoncés avec les Communes et villes unies du Cameroun (CVUC) et la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA). Ces relais doivent favoriser la participation des acteurs publics, des collectivités et du secteur privé.
Au-delà du Cameroun, les organisateurs entendent faciliter l’accès aux technologies et aux capitaux internationaux pour les opportunités solaires d’Afrique centrale et de l’Ouest. Le besoin reste considérable : selon la Banque mondiale, 560 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’avaient toujours pas accès à l’électricité en 2024. L’initiative Mission 300, portée notamment par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, vise à élargir l’accès à l’électricité à 300 millions de personnes d’ici 2030. À Yaoundé, le test sera donc concret : rapprocher les besoins énergétiques, les entreprises capables d’y répondre et les investisseurs prêts à financer des projets durables.
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Anatole Bidias



