La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) élargit son cercle de partenaires financiers internationaux. Réuni le 20 juillet 2026 à N’Djamena, au Tchad, le conseil d’administration de l’institution monétaire de la CEMAC a validé l’intégration de Bank of China et d’Africa Finance Corporation (AFC) parmi les contreparties autorisées de sa Salle des marchés. La banque chinoise obtient également le statut de correspondant bancaire, lui permettant d’accompagner la BEAC dans certaines opérations internationales en devises.
Cette décision s’inscrit dans la stratégie de diversification des placements et des relations bancaires de la banque centrale des six pays de la CEMAC. Grâce à ce nouveau partenariat, Bank of China pourra notamment accueillir des comptes de la BEAC, faciliter des paiements internationaux, recevoir des fonds et participer à des opérations financières en monnaies étrangères. L’objectif est d’élargir le réseau d’institutions capables de sécuriser et d’optimiser la gestion des réserves extérieures de la sous-région.
La Salle des marchés de la BEAC assure la gestion d’une partie des avoirs extérieurs des États membres. Elle place les réserves de change sous différentes formes, notamment en dépôts bancaires, titres souverains internationaux et autres actifs financiers, selon des critères de sécurité, de liquidité et de rendement. À fin décembre 2025, elle administrait environ 2 414 milliards de FCFA d’avoirs extérieurs, hors Compte d’opérations logé auprès du Trésor français, ainsi qu’un portefeuille de titres internationaux évalué à 906 milliards de FCFA et un stock d’or estimé à 493 milliards de FCFA.
L’admission de nouveaux partenaires reste toutefois encadrée par des exigences strictes. La BEAC évalue notamment la solidité financière, la qualité de crédit et les capacités de gestion des risques des institutions candidates. À fin 2025, l’ensemble des émetteurs, contreparties, correspondants et dépositaires de la banque centrale disposaient d’une notation minimale BBB attribuée par les principales agences internationales, dont Fitch Ratings, Moody’s et S&P Global Ratings.
Le choix de Bank of China intervient dans un contexte de rapprochement financier entre la BEAC et la Chine. Quelques semaines avant cette décision, le gouverneur Yvon Sana Bangui avait évoqué la possibilité de diversifier une partie des réserves de change en yuan chinois. Cette orientation vise notamment à réduire les coûts liés aux conversions entre le franc CFA, l’euro, le dollar et la monnaie chinoise, alors que les échanges commerciaux entre la CEMAC et Pékin progressent.
Fondée en 1912 et contrôlée par l’État chinois, Bank of China figure parmi les principaux groupes bancaires mondiaux. Présente dans plus de 60 pays et territoires, elle dispose d’un réseau important dans les transactions internationales et les opérations en devises. Son intégration dans l’écosystème financier de la BEAC pourrait faciliter les échanges économiques entre l’Afrique centrale et la Chine.
De son côté, Africa Finance Corporation (AFC) rejoint également le dispositif de partenaires financiers agréés. Créée en 2007, cette institution panafricaine intervient principalement dans le financement des infrastructures, de l’énergie, des transports et de l’industrie. Plusieurs pays de la CEMAC figurent déjà parmi ses actionnaires, renforçant son ancrage régional.
Cette diversification intervient alors que les réserves de change de la BEAC poursuivent leur progression. À fin avril 2026, elles atteignaient 7 248 milliards de FCFA. L’institution prévoit de porter ce niveau à 7 962 milliards de FCFA d’ici la fin de l’année, soit une couverture estimée à 4,72 mois d’importations de biens et services, contre 4,12 mois en 2025.
En ouvrant davantage son portefeuille de partenaires à des acteurs chinois et africains, la BEAC cherche ainsi à moderniser la gestion des réserves de la CEMAC, renforcer la résilience financière de la sous-région et accompagner l’évolution de ses échanges internationaux.
Tressy Chouente



