Une nouvelle étape s’ouvre pour Canyon Resources dans la course à l’exploitation industrielle du gisement de bauxite de Minim-Martap. Le groupe australien a annoncé, le 26 juin, l’arrivée au Cameroun de ses premières locomotives destinées au transport du minerai, un jalon déterminant dans la mise en place de sa chaîne logistique entre la mine, le terminal ferroviaire intérieur et le port de Douala. Cette livraison prépare les premières exportations de bauxite attendues au quatrième trimestre 2026 et confirme la volonté de l’entreprise de faire du Cameroun l’un des nouveaux pôles mondiaux de production de ce minerai indispensable à l’industrie de l’aluminium.
La première phase du dispositif repose sur sept locomotives et 160 wagons capables d’acheminer près de 35 000 tonnes humides de bauxite par mois. Les locomotives ont déjà été livrées à Camalco Cameroon S.A., filiale locale de Canyon Resources. Les 60 premiers wagons sont attendus à la mi-août, tandis que les 100 autres devraient rejoindre le port de Douala avant la fin du troisième trimestre 2026. L’entreprise prévoit ensuite une période de six à huit semaines consacrée aux essais techniques, à la mise en service du matériel roulant et à la formation des opérateurs, avant le lancement du transport régulier du minerai.
Mais les ambitions du groupe vont bien au-delà de cette première étape. Canyon Resources souhaite porter sa capacité logistique à 105 000 tonnes humides par mois dès le troisième trimestre 2027. Pour y parvenir, l’entreprise recherche un financement complémentaire de 160 millions de dollars destiné à moderniser plusieurs tronçons ferroviaires et à acquérir 15 locomotives ainsi que 400 wagons supplémentaires. Sans cette enveloppe, prévient la société, la production resterait limitée aux volumes de la première phase, ralentissant la montée en puissance du projet. Cette levée de fonds apparaît ainsi comme l’une des conditions essentielles de la rentabilité future de Minim-Martap.
En parallèle, Canyon renforce son contrôle sur la chaîne logistique camerounaise. Sa participation dans Camrail est récemment passée de 9,1 % à 26,9 %, une opération stratégique qui lui offre une influence accrue sur le transport ferroviaire de la bauxite et sur les travaux de modernisation du corridor PQ2. Cette intégration progressive des infrastructures ferroviaires, portuaires et minières vise à réduire les risques logistiques et à sécuriser les exportations, alors que le groupe poursuit également les travaux du terminal ferroviaire intérieur, de la route minière et des installations portuaires à Douala. Sur le terrain, l’exploitation pilote devrait débuter au troisième trimestre 2026, sous réserve de l’aboutissement des discussions avec les communautés locales.
Cette phase permettra de constituer les premiers stocks avant les expéditions commerciales prévues d’ici à la fin de l’année. Les perspectives reposent sur un gisement exceptionnel : Minim-Martap renferme plus de 1,102 milliard de tonnes de ressources minérales de bauxite à haute teneur. Les réserves exploitables atteignent 144 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 51,2 % d’alumine et seulement 1,7 % de silice, faisant de ce projet l’un des gisements de bauxite les plus compétitifs au monde. Pour le Cameroun, son entrée en production pourrait renforcer les recettes d’exportation, dynamiser le trafic ferroviaire et portuaire et consolider la place du pays parmi les principaux producteurs africains de bauxite.



