À Douala, Spiro veut faire de la mobilité électrique un nouveau marché de masse. Le groupe panafricain a officiellement lancé ses opérations au Cameroun le 12 mai 2025, lors d’une cérémonie organisée à l’Hôtel Sawa sous la présidence du gouverneur du Littoral, Samuel Ivaha Diboua. Cette implantation place le spécialiste des deux-roues électriques sur un marché urbain où les enjeux de pollution, de coût du carburant et de mobilité restent importants.
Depuis son arrivée, l’entreprise positionne son offre autour d’un modèle combinant motos électriques et échange rapide de batteries. Son ambition dépasse la seule commercialisation de véhicules : Spiro entend développer des infrastructures de recharge et nouer des partenariats avec les pouvoirs publics, les entreprises et les communautés locales. Rahul Gaur, directeur général de Spiro West Africa et Cameroun, présente cette implantation comme un engagement de long terme visant à faire du Cameroun un modèle régional de mobilité propre.
Le groupe mise également sur les retombées économiques de cette transition. Spiro annonce la création de plusieurs centaines d’emplois directs et indirects au Cameroun, tout en plaidant pour un environnement réglementaire plus favorable à la mobilité électrique. Kaushik Burman, CEO de Spiro, appelle notamment à des incitations fiscales, au développement des infrastructures et à des partenariats public-privé pour accélérer l’adoption des véhicules électriques.
À l’échelle continentale, l’entreprise revendique déjà plus de 500 millions de kilomètres parcourus sans émission de CO₂, plus de 20 millions d’échanges de batteries, plus de 600 stations d’échange et plus de 30 000 motos électriques en circulation. Présente dans huit pays africains, elle affirme vouloir renforcer ses capacités de production et déployer des solutions conçues localement pour les besoins du marché africain.
Au Cameroun, l’enjeu est désormais de transformer cette promesse industrielle en adoption durable. Pour Spiro, la réussite dépendra de la densification du réseau d’échange de batteries, de l’accessibilité des véhicules et de la capacité à convaincre les particuliers comme les professionnels. L’entreprise devra aussi inscrire son modèle dans un écosystème où l’électrification des transports reste émergente. Un marché encore jeune, mais que le groupe veut contribuer à structurer.
Raphael Mforlem



