À Nkok, la relance de l’or gabonais prend d’abord le visage d’un opérateur public. Le 7 septembre, le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a officialisé la reprise des activités de la Société équatoriale des mines (SEM), au terme d’un audit de la filière. Trois conventions d’exploitation ont été signées avec l’entreprise, qui a également obtenu de nouveaux permis, dont celui de Mboumba. L’État entend ainsi réorganiser un secteur fragilisé par les pratiques illégales et reprendre le contrôle des circuits de production.
Cette décision intervient après la suspension, le 23 juin, des activités d’exploitation aurifère à petite échelle sur l’ensemble du territoire. Les autorités avaient alors annoncé un audit des titres miniers et des opérateurs, à la suite d’une opération menée dans la province de la Ngounié. Celle-ci avait révélé des activités irrégulières impliquant notamment des ressortissants étrangers, avec des conséquences signalées sur l’environnement et les recettes publiques. Selon les données de l’Agence nationale des parcs nationaux citées par le gouvernement, le commerce illégal de l’or ferait perdre près de 75 milliards de FCFA par an à l’État.
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La reprise de la SEM ne signifie toutefois pas un retour immédiat de tous les acteurs. Les autres opérateurs doivent satisfaire aux exigences de conformité fixées par les autorités : inspections techniques de leurs sites, règlement des amendes liées aux redevances minières, reversement de la part de production due à l’État et signature de conventions minières. Cette remise à niveau vise à renforcer la traçabilité, mais elle maintient les entreprises concernées dans l’attente d’une autorisation de reprise.
Pour la SEM, l’enjeu dépasse la seule extraction. Lors de sa visite à la Raffinerie gabonaise de l’or (RGO), à Nkok, le ministre a réaffirmé la volonté de mieux encadrer la chaîne, de la production au traitement local. Les autorités affichent notamment l’objectif de renforcer la traçabilité du métal et sa transformation sur place. La raffinerie est ainsi appelée à jouer un rôle accru dans la valorisation des ressources nationales, tandis que l’État cherche à limiter les sorties d’or échappant aux circuits officiels.
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Le secteur conserve un poids économique potentiel important. La production officielle gabonaise est estimée à environ 800 kilogrammes d’or fin par an, pour une valeur brute évaluée à près de 65 milliards de FCFA dans les données reprises par la presse. Mais l’importance des circuits informels rend difficile l’évaluation précise des pertes fiscales et des volumes réellement commercialisés. Dans ce contexte, la réorganisation de la filière constitue aussi un test pour la diversification d’une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures et du manganèse.
En confiant à la SEM la reprise immédiate de ses activités, le gouvernement fait de l’entreprise publique un instrument central de cette transition. Reste à mesurer sa capacité à assurer la relance opérationnelle, à maintenir les volumes et à faire respecter les nouvelles règles sans prolonger excessivement l’immobilisation des opérateurs privés. L’efficacité du dispositif se jugera autant à la régularité de la production qu’à la capacité de l’État à capter les recettes et à rendre les flux d’or vérifiables.
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Sorelle Ninguem



