Le ralentissement du chantier n’aura pas raison de l’engagement de Razel-BEC au Cameroun. Réuni le 26 août à Yaoundé avec le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, Alain Besson, directeur international de Razel-BEC, et Frédéric Flacassier ont fait le point sur les projets confiés au groupe français, avec en première ligne le lot 3 de la route Mbalmayo-Sangmélima. Long de 33 km, le tronçon relie Nkout II au carrefour de la stèle dédiée au chef de l’État, à l’entrée de Sangmélima. Son rythme d’exécution s’est récemment essoufflé.
Au cœur des échanges, la question des paiements apparaît comme l’un des principaux points de tension. Razel Cameroun indique avoir transmis plus de 68 milliards de FCFA de décomptes au maître d’ouvrage. Sur cette enveloppe, 53 milliards ont déjà été réglés, tandis qu’environ 10 milliards se trouvent dans le circuit de paiement. Le solde reste soumis aux procédures administratives de règlement. Pour le ministre, ces difficultés de trésorerie ne sont pas propres à l’entreprise et s’inscrivent dans un contexte plus large de contraintes sur les disponibilités financières publiques. L’État réaffirme néanmoins sa volonté d’honorer progressivement ses engagements envers ses partenaires.
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Pour Razel, l’enjeu est désormais de transformer cette assurance financière en retour effectif sur le terrain. L’entreprise a annoncé une remobilisation de ses équipes dans les prochains jours. Les opérations préparatoires ont déjà commencé, tout comme l’approvisionnement en matériaux. Les premières planches d’essai doivent suivre, prélude à une reprise plus soutenue des travaux. Cette séquence intervient alors que la réhabilitation de l’axe Mbalmayo-Sangmélima mobilise plusieurs entreprises sur ses différents lots. En mars 2026, le ministère indiquait notamment que les lots 1 et 2, confiés à Arab Contractors, affichaient chacun un avancement physique de 47 %, avec des travaux de renforcement de chaussée par géogrilles.
L’autre dossier examiné à Yaoundé concerne le pont sur le Logone, ouvrage binational reliant Yagoua, au Cameroun, à Bongor, au Tchad. Réalisé par Razel et Sotcogog, le projet comprend un pont de 620 mètres et 14,2 km de voies d’accès. Son coût global est évalué à 74 milliards de FCFA, avec le concours financier de la Banque africaine de développement et de l’Union européenne. Livré en 2025, l’ouvrage constitue un maillon stratégique pour la circulation transfrontalière et les échanges commerciaux entre les deux pays.
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Si les travaux du pont sont achevés et réceptionnés, sa clôture financière et administrative n’est pas encore totalement finalisée. Le caractère binational de l’infrastructure impose en effet des procédures coordonnées entre les parties prenantes pour solder les derniers décomptes. Le MINTP assure que les démarches nécessaires sont engagées afin de permettre la clôture du projet dans les meilleures conditions. Pour Razel comme pour le gouvernement camerounais, le signal envoyé au terme de cette rencontre est clair : malgré les tensions financières, les chantiers doivent rester actifs et les relations contractuelles préservées.
Esther Grace



