À Yaoundé, la troisième édition de Rise Up Women a confirmé son ambition de rapprocher la formation des besoins réels du marché de l’emploi. Organisé du 1er au 31 juillet 2026 par l’association L’Arche d’Elijah, le programme a réuni 126 participantes, dont 106 ont obtenu leur certification, soit un taux de réussite d’environ 80 %. Destinée aux jeunes femmes âgées de 18 à 35 ans, cette initiative repose sur trois piliers : la formation, le mentorat et l’accompagnement vers l’insertion professionnelle ou l’entrepreneuriat. Son objectif est de doter les bénéficiaires de compétences directement exploitables dans les secteurs où les entreprises recrutent.
Cette édition a proposé six parcours professionnalisants : entrepreneuriat et gestion, industries culturelles et créatives, médias et journalisme, management et gestion des ressources humaines, communication et marketing digital, ainsi que les métiers de la beauté. Les formations, assurées par plus d’une cinquantaine de professionnels, ont privilégié les mises en situation pratiques, le développement personnel et l’accompagnement de projets entrepreneuriaux. Pour Gaelle Stella Oyono, présidente de l’association L’Arche d’Elijah et promotrice du programme Rise Up Women, le constat est sans appel : les jeunes femmes expriment un besoin croissant de formations courtes, certifiantes et immédiatement valorisables sur le marché du travail.
L’édition 2026 a également marqué une étape importante avec l’implication, pour la première fois, du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, dont les équipes sont intervenues sur la création, la gestion et la rentabilité des entreprises. Le programme a aussi innové en mettant en place une Nursery destinée à accueillir les enfants des participantes ne disposant d’aucune solution de garde, ainsi qu’un accompagnement psychologique assuré par des spécialistes afin de lever certains freins sociaux ou personnels à l’insertion professionnelle.
Au-delà de la remise des certificats, Rise Up Women revendique des résultats concrets. Les participantes porteuses de projets bénéficient d’un concours entrepreneurial assorti d’un accompagnement financier et technique, tandis que celles en quête d’un emploi sont mises en relation avec des entreprises partenaires engagées dans des démarches de responsabilité sociétale (RSE). Selon les responsables du programme, plusieurs bénéficiaires des précédentes cohortes ont déjà intégré le marché du travail, notamment trois jeunes femmes recrutées par un média basé à Douala après leur formation.
Les organisateurs reconnaissent toutefois plusieurs défis. Les contraintes budgétaires ont limité l’acquisition de certains équipements pédagogiques, tandis que les emplois du temps des formateurs, les désistements de dernière minute et les difficultés personnelles de certaines participantes ont parfois compliqué le déroulement des sessions. Plusieurs bénéficiaires ont également souhaité un programme plus long afin d’approfondir leurs apprentissages.
Malgré ces contraintes, la promotrice du programme Rise Up Women estime que cette troisième édition confirme la pertinence d’un modèle associant entreprises, experts, institutions publiques et partenaires privés autour d’un même objectif : renforcer les compétences des jeunes femmes et faciliter leur accès à l’emploi ou à l’entrepreneuriat. Dans un contexte où les entreprises recherchent des profils immédiatement opérationnels, le programme entend poursuivre son développement et élargir, dès les prochaines éditions, son offre de formation à d’autres métiers techniques répondant aux besoins du marché.
Amélie Yandal



