La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) poursuit l’assouplissement de sa politique de refinancement. En l’espace de deux semaines, les 7 et 14 juillet 2026, l’institut d’émission a injecté 940 milliards de FCFA dans le circuit bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Réparties entre une première adjudication de 440 milliards de FCFA puis une seconde de 500 milliards de FCFA, ces opérations visent à offrir davantage de liquidités aux banques commerciales afin de soutenir le crédit à l’économie dans les six pays de la sous-région.
Le niveau de la demande confirme les besoins persistants des établissements de crédit. Lors de l’opération du 7 juillet, une dizaine de banques ont sollicité 497 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de 112,95 %. Une semaine plus tard, 12 banques ont présenté des demandes totalisant 535,5 milliards de FCFA pour une enveloppe de 500 milliards, correspondant à un taux de souscription de 107,1 %. Au total, les banques ont exprimé une demande cumulée de 1 032,5 milliards de FCFA, supérieure de près de 93 milliards aux montants effectivement servis, illustrant une pression toujours élevée sur les besoins de refinancement.
Ces adjudications constituent le principal mécanisme par lequel la banque centrale refinance les établissements de crédit contre des garanties financières. Elles interviennent quelques jours après les décisions prises par le Comité de politique monétaire le 29 juin 2026, qui a abaissé le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) à 4,5 % et allégé les réserves obligatoires afin d’améliorer les conditions de financement des banques. Le taux marginal d’adjudication est ainsi passé de 4,65 % à 4,70 %, tandis que le taux moyen pondéré des montants servis est ressorti à 4,79 %. La facilité de prêt marginal demeure fixée à 5,75 % et celle de dépôt à 0 %.
Au-delà des montants injectés, ces opérations traduisent une évolution graduelle de la politique monétaire régionale. Depuis 2022, la BEAC avait privilégié un resserrement monétaire afin de contenir l’inflation, préserver les réserves de change et renforcer la stabilité macroéconomique de la CEMAC. Selon le Fonds monétaire international (FMI), cette stratégie a permis de consolider la position extérieure de la région, mais elle a également renchéri le coût du refinancement bancaire. Les injections de juillet témoignent désormais d’une volonté d’améliorer la circulation de la liquidité sans remettre en cause les acquis de cette politique de stabilité.
Pour les banques, cet accès accru aux ressources de la banque centrale devrait favoriser une distribution plus fluide du crédit aux entreprises et aux ménages, dans un contexte de reprise progressive de l’activité économique. La BEAC continuera toutefois d’ajuster ses interventions en fonction de l’évolution de la liquidité bancaire, de l’inflation et des réserves extérieures. Les prochaines réunions du Comité de politique monétaire seront donc particulièrement suivies par les marchés, qui chercheront à mesurer si ce rythme d’injection sera maintenu au cours du second semestre 2026 afin d’accompagner durablement la croissance dans la zone CEMAC.
Tressy Chouente



