De gauche à droite : le Dr Blaise Moussa, Directeur général de CAMWATER, et Ramón Ynaraja, chef de la représentation régionale de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour l’Afrique centrale, lors de leur séance de travail à Douala.
Dix ans après le lancement de l’un des plus importants programmes d’alimentation en eau potable du Cameroun, CAMWATER et la Banque européenne d’investissement (BEI) ouvrent une nouvelle étape de leur partenariat. Réunis le 13 juillet 2026 à Douala, le directeur général de CAMWATER, Dr Blaise Moussa, et le chef de la représentation régionale de la BEI pour l’Afrique centrale, Ramón Ynaraja, ont arrêté une feuille de route destinée à clôturer officiellement le projet financé depuis 2013, tout en préparant de nouveaux investissements dans le secteur de l’eau. Cette rencontre traduit la volonté des deux partenaires d’assurer la continuité des financements au moment où les besoins en infrastructures hydrauliques demeurent considérables.
Le plan d’action adopté prévoit l’achèvement des procédures juridiques, techniques, financières et administratives liées au projet d’amélioration de l’alimentation en eau potable de Yaoundé, Édéa, Bertoua et Ngaoundéré. Financé conjointement par la BEI, l’Agence française de développement (AFD), l’État du Cameroun et CAMWATER, ce programme représente un investissement global estimé à 103,7 milliards de FCFA. L’entreprise publique assurera la coordination des opérations nécessaires à la clôture définitive des conventions de financement conclues avec les bailleurs internationaux.
L’un des principaux acquis de ce programme reste la station de traitement d’eau de Mefou, mise en service à Yaoundé en 2014. Conçue pour produire jusqu’à 50 000 mètres cubes d’eau potable par jour, cette infrastructure a contribué à améliorer l’approvisionnement de la capitale tout en renforçant les capacités de production du réseau national. Au-delà des infrastructures réalisées, le projet a également permis de consolider les compétences techniques de CAMWATER dans la conduite de grands projets financés par les partenaires au développement.
Mais l’enjeu dépasse désormais la simple clôture du projet historique. Les échanges de Douala ont surtout porté sur la préparation d’un nouveau portefeuille d’investissements destiné à accompagner la croissance démographique et l’urbanisation du pays. La BEI a confirmé sa disponibilité à poursuivre son appui au secteur de l’eau, tandis que CAMWATER entend mobiliser de nouveaux financements pour étendre les réseaux de distribution, renforcer les capacités de production et améliorer durablement l’accès à l’eau potable.
Cette perspective intervient dans un contexte marqué par l’accélération des investissements publics dans l’hydraulique. En février 2026, près de 111,6 milliards de FCFA ont été mobilisés pour la reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de Yaoundé, un projet distinct mais complémentaire. Parallèlement, la Banque mondiale a approuvé en 2025 la première phase d’un vaste programme de sécurité hydrique destiné à améliorer les services d’eau et d’assainissement ainsi que les performances opérationnelles de CAMWATER. Selon l’institution, le Cameroun ambitionne de porter le taux d’accès à l’eau potable à 77 % d’ici 2030.
En consolidant leur coopération, CAMWATER et la BEI affichent ainsi leur volonté d’inscrire le secteur de l’eau dans un nouveau cycle d’investissements structurants. Pour l’entreprise publique, l’objectif est désormais de transformer les acquis des projets passés en une dynamique durable capable d’accompagner la croissance des villes camerounaises et de répondre à une demande en eau potable appelée à progresser au cours des prochaines décennies.
Anatole Bidias



