À Nairobi, ATIDI a célébré vingt-cinq années consacrées à la sécurisation des investissements et au développement du commerce africain. La 26ᵉ Assemblée générale annuelle de l’Assurance pour le Développement du Commerce et de l’Investissement en Afrique, tenue sous le thème « Renforcer l’Afrique : Risques maîtrisés, Croissance stimulée », a réuni dirigeants politiques, institutions financières et acteurs économiques autour d’un même défi : créer les conditions d’un financement plus accessible pour le continent.
Présent aux travaux, le président kényan William Ruto a appelé l’Afrique à renforcer ses propres institutions financières afin de réduire sa dépendance aux mécanismes extérieurs. Selon lui, le continent dispose des ressources nécessaires pour financer son développement, mais doit davantage maîtriser les outils permettant de transformer le risque en opportunités d’investissement.
Cette ambition rejoint la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), lancée en avril 2026 par le Dr Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Cette initiative vise à rapprocher les principales institutions financières africaines afin de renforcer les mécanismes de garantie, réduire le coût du capital et orienter davantage l’épargne africaine vers les projets productifs.
L’enjeu est considérable. L’Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne nationale à long terme, provenant notamment des fonds de pension, des assurances et des réserves financières. Pourtant, le continent fait face à un déficit annuel de financement estimé à plus de 400 milliards de dollars, notamment dans les infrastructures, l’industrie et l’énergie.
Dans cette nouvelle architecture financière, ATIDI occupe une position stratégique. Spécialisée dans l’assurance contre les risques politiques et commerciaux, l’institution accompagne les investisseurs en réduisant les incertitudes liées aux projets africains. William Ruto a ainsi plaidé pour une recapitalisation d’ATIDI à hauteur de 2 milliards de dollars, estimant que chaque dollar injecté dans les mécanismes de garantie pouvait générer dix dollars supplémentaires d’investissements privés.
Le Kenya, qui figure parmi les partenaires majeurs d’ATIDI, souhaite également approfondir cette coopération. Les solutions de l’organisation ont déjà contribué à faciliter plus de 7 milliards de dollars d’investissements dans les secteurs de l’énergie, du transport, de l’agriculture, de l’industrie et du commerce. Nairobi prévoit d’augmenter progressivement sa participation au capital d’ATIDI, de 25 à 65 millions de dollars, tout en mettant à disposition un terrain destiné au futur siège permanent de l’institution.
Depuis sa création, ATIDI a mobilisé plus de 93 milliards de dollars d’investissements privés à travers ses instruments de garantie et d’assurance. Son réseau s’est considérablement élargi, passant de sept membres fondateurs à 24 pays africains, 13 actionnaires institutionnels et un État non africain. L’institution maintient également une notation financière de qualité investissement auprès des principales agences internationales.
Les performances enregistrées en 2025 confirment cette dynamique. L’exposition totale d’ATIDI est passée de 8,9 milliards de dollars en 2024 à 9,2 milliards de dollars en 2025. Son résultat net a progressé de 20 % pour atteindre 71,4 millions de dollars, tandis que ses actifs ont augmenté de 20 % à 1,06 milliard de dollars et ses capitaux propres de 12 % à 883 millions de dollars.
Pour Manuel Moses, directeur général d’ATIDI, ces résultats démontrent la pertinence des solutions africaines face aux défis du continent. L’institution entend poursuivre son rôle de facilitateur en renforçant la confiance des investisseurs, considérée comme un facteur déterminant de la transformation économique africaine.
La Banque africaine de développement a également confirmé son engagement aux côtés d’ATIDI en multipliant par cinq sa participation au capital de l’institution, devenant son principal actionnaire institutionnel. Pour la BAD, les garanties et les mécanismes de financement mixte constituent des leviers essentiels pour attirer davantage de capitaux privés vers les secteurs stratégiques.
La deuxième journée de l’Assemblée générale a été consacrée à la promotion des investissements et au développement des entreprises, avec la présentation de projets dans les énergies renouvelables, l’eau, l’agriculture et les transports au Cameroun et au Kenya. Des rencontres B2B et B2G ont permis de rapprocher investisseurs, entreprises et acteurs publics.
À travers cette nouvelle étape, ATIDI confirme son ambition de devenir un pilier de la souveraineté financière africaine, en offrant aux entreprises et aux investisseurs un environnement plus sécurisé pour accélérer les projets structurants du continent.
Sorelle Ninguem



