Mohamed El Kettani, President du groupe Attijariwafa
Dans un environnement financier mondial marqué par la volatilité géopolitique et le resserrement des politiques monétaires, Attijariwafa bank confirme sa capacité de résistance. Au premier trimestre 2026, le groupe affiche un résultat net consolidé de 2,924 milliards de dirhams, en hausse de 3,6 % sur un an, selon les données arrêtées par son conseil d’administration.
Le moteur principal de cette progression reste la solidité commerciale du groupe. La collecte des dépôts progresse de 10,8 %, tandis que les crédits à la clientèle augmentent de 5,7 % sur l’ensemble des zones de présence. Cette dynamique traduit la capacité du groupe à maintenir son rôle de financement de l’économie réelle, notamment sur le continent africain où il dispose d’un réseau bancaire en expansion.
Mais le facteur décisif de cette performance réside ailleurs : la nette amélioration du profil de risque. Le coût du risque recule à 609 millions de dirhams (environ 37,5 milliards FCFA), contre 913 millions un an plus tôt, soit une baisse de 33,3 %. Rapporté aux encours bruts, le ratio s’établit à 0,51 %, contre 0,82 % sur la même période en 2025. En clair, la banque a réduit les provisions destinées à couvrir d’éventuels défauts de paiement, soutenant mécaniquement sa rentabilité.
Sur le plan géographique, le Maroc conserve son rôle de cœur stratégique. Il représente 61 % du produit net bancaire consolidé. Les encours de crédits atteignent 293 milliards de dirhams (environ 18 020 milliards FCFA), tandis que les dépôts s’élèvent à 368 milliards de dirhams (environ 22 632 milliards FCFA). Cette base domestique solide continue de servir d’ancrage aux ambitions continentales du groupe.
L’empreinte africaine du groupe reste par ailleurs structurée et diversifiée. En Afrique centrale, Attijariwafa bank opère via quatre filiales bancaires : la SCB Cameroun (détenue à 51 %), l’Union Gabonaise de Banques (58,7 %), le Crédit du Congo (91,2 %) et Attijari Tchad (100 %). Ces entités avaient généré un bénéfice net cumulé de 66,7 milliards FCFA en 2024, confirmant le poids croissant de la région dans les résultats du groupe.
Présent également en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Togo, le groupe poursuit une stratégie d’expansion ciblée sur les marchés à fort potentiel. Dans un secteur bancaire africain en recomposition, la maîtrise du risque apparaît désormais comme un levier aussi déterminant que la croissance des volumes. Pour Attijariwafa bank, ce premier trimestre 2026 confirme une équation claire : croissance maîtrisée, rentabilité défendue et prudence renforcée dans un cycle encore incertain.



