Eric d'Argentré, Président et Directeur des Opérations (COO) du Groupe Panoro Energy.
Dans un contexte marqué par la recomposition des flux énergétiques mondiaux et la recherche de nouveaux relais de production, le groupe norvégien Panoro Energy renforce son ancrage en Afrique centrale. Présente au Gabon et en Guinée équatoriale à travers plusieurs actifs offshore, la société pétrolière entend accélérer sa croissance régionale grâce à un programme d’investissements estimé à 55 millions de dollars en 2026. L’objectif affiché est clair : porter sa production au-delà de 20 000 barils par jour d’ici 2027.
Pour atteindre cette cible, Panoro mise principalement sur l’optimisation de ses actifs en production ainsi que sur de nouvelles campagnes de forage dans le golfe de Guinée. Au Gabon, où le groupe détient des participations dans les champs de Dussafu Marin, l’entreprise bénéficie d’une dynamique portée par plusieurs découvertes réalisées ces dernières années. Le projet, opéré avec BW Energy, constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs de croissance de la compagnie norvégienne.
La Guinée équatoriale représente également un pilier stratégique dans les ambitions du groupe. Dans ce pays d’Afrique centrale historiquement dépendant des hydrocarbures, Panoro poursuit le développement de ses actifs offshores dans un environnement où les autorités cherchent à relancer les investissements étrangers dans l’exploration et la production. Selon les données de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la production pétrolière équato-guinéenne reste confrontée au vieillissement des champs matures, poussant les opérateurs à intensifier les programmes de développement.
À l’échelle continentale, la stratégie de Panoro illustre le regain d’intérêt des producteurs indépendants pour les bassins pétroliers africains. Alors que plusieurs majors réorientent progressivement leurs investissements vers les énergies bas carbone ou vers des zones jugées plus rentables, des compagnies de taille intermédiaire cherchent à renforcer leur présence sur des actifs offshores encore considérés comme compétitifs. L’Afrique centrale, avec ses réserves importantes et ses infrastructures existantes, apparaît ainsi comme un territoire stratégique pour ces acteurs spécialisés.
Les perspectives financières du groupe restent étroitement liées à l’évolution des prix du brut sur les marchés internationaux. Après les fortes volatilités observées depuis 2022, les producteurs indépendants privilégient désormais des investissements ciblés capables de générer des flux de trésorerie rapides. Panoro Energy affirme ainsi vouloir maintenir une discipline financière stricte tout en poursuivant la montée en puissance de sa production régionale.
Au-delà des objectifs de production, cette stratégie traduit également une volonté de consolider la place de l’Afrique centrale dans l’industrie pétrolière mondiale. Entre enjeux de souveraineté énergétique, besoins de financement des économies locales et compétition internationale autour des ressources naturelles, les investissements annoncés par Panoro témoignent de l’attractivité persistante des hydrocarbures africains malgré la transition énergétique en cours.



