Dans la localité de Kekem, au cœur du bassin cacaoyer de l’Ouest camerounais, une nouvelle étape vient d’être franchie dans la mutation énergétique du tissu industriel. L’entreprise Neo Industry S.A, spécialisée dans la transformation du cacao, s’engage dans une stratégie d’autonomie énergétique en optant pour une solution solaire de grande capacité. La convention signée avec Empower New Energy et Eclipse Énergies Renouvelables marque l’aboutissement de plusieurs mois de préparation technique et financière.
Le projet prévoit l’installation d’une centrale photovoltaïque de 1,8 MWp, couplée à un système de stockage par batterie de 2,5 MWh. Cette infrastructure permettra à l’industriel de réduire significativement sa dépendance au réseau électrique national, souvent sujet à des perturbations, ainsi qu’à l’usage de groupes électrogènes fonctionnant au diesel. Dans un contexte où le coût de l’énergie constitue un facteur critique de compétitivité, cette transition apparaît comme un levier stratégique pour optimiser les performances opérationnelles.
Au-delà de la sécurisation de l’approvisionnement, l’initiative vise également à réduire l’empreinte carbone de l’entreprise. Selon les estimations communiquées, près de 1 505 tonnes d’émissions de CO₂ pourraient être évitées chaque année grâce à cette installation. Ce positionnement s’inscrit dans une tendance globale observée dans les industries africaines, où l’intégration des énergies renouvelables devient un outil de conformité aux standards internationaux, notamment pour les exportations vers les marchés européens et nord-américains.
Le modèle contractuel retenu repose sur un accord de fourniture d’électricité à long terme, d’une durée de 25 ans. Dans ce cadre, Empower New Energy assure le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance des installations, garantissant ainsi une solution clé en main pour Neo Industry. Ce type de partenariat, de plus en plus répandu sur le continent, permet aux entreprises de bénéficier d’infrastructures modernes sans mobiliser immédiatement des capitaux importants.
Pour les responsables de Neo Industry, cette initiative dépasse la simple question énergétique. Elle traduit une ambition plus large de structuration industrielle et de montée en gamme. En renforçant la maîtrise des coûts et la stabilité de la production, l’entreprise consolide sa position dans la chaîne de valeur du cacao, en privilégiant la transformation locale des fèves en produits semi-finis. Le Cameroun, qui produit plus de 290 000 tonnes de cacao par an, cherche justement à accroître la part de transformation locale afin de capter davantage de valeur ajoutée.
Sur le plan sectoriel, ce projet pourrait faire figure de référence pour d’autres acteurs industriels confrontés aux mêmes contraintes énergétiques. Dans un pays où la demande en électricité progresse de plus de 6 % par an, selon les données sectorielles, le recours aux solutions hybrides et renouvelables apparaît comme une réponse adaptée aux défis de fiabilité et de coût.
À travers cette initiative, Neo Industry et ses partenaires ouvrent ainsi la voie à une nouvelle génération d’investissements industriels intégrant pleinement les enjeux énergétiques, environnementaux et économiques, dans un contexte où la compétitivité des entreprises africaines dépend de plus en plus de leur capacité à innover et à sécuriser leurs ressources stratégiques.



