Siege de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC)
À Nairobi, la signature du partenariat entre la CDEC et l’AGF marque une nouvelle étape dans la recherche de solutions concrètes au financement des petites et moyennes entreprises au Cameroun. Dans un environnement où l’accès au crédit demeure un obstacle majeur, les deux institutions ont choisi d’agir sur l’un des principaux freins : la perception du risque par les établissements bancaires.
Le mécanisme mis en place repose sur une architecture hybride, associant des ressources financières à long terme et un dispositif de garantie destiné à sécuriser les prêts accordés aux PME. Doté d’une enveloppe initiale de 5 milliards FCFA, ce programme pilote cible en priorité les entreprises en phase de création ou de croissance, notamment dans les secteurs à fort potentiel comme la transformation locale et le numérique.
Au Cameroun, les PME représentent plus de 80 % du tissu économique, selon les données du ministère des PME. Pourtant, leur contribution reste limitée par des difficultés structurelles d’accès au financement. Les exigences élevées en matière de garanties et le coût du crédit constituent des barrières persistantes, freinant l’investissement et la montée en puissance des initiatives entrepreneuriales.
En s’appuyant sur l’expertise de l’AGF, spécialisée dans la couverture du risque de crédit en Afrique, la CDEC entend rassurer les banques commerciales et encourager une plus grande distribution de prêts. L’objectif est clair : transformer une demande de financement souvent insatisfaite en opportunités concrètes de développement économique.
Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs mois. Les discussions entre les deux institutions remontent à novembre 2025, avec la signature d’un accord de confidentialité en février 2026, préalable à la formalisation du dispositif. La rencontre de Nairobi vient ainsi concrétiser cette coopération et lancer sa phase opérationnelle.
Le calendrier prévoit une structuration juridique et financière complète d’ici fin juin 2026, pour un démarrage effectif des financements dès juillet. Une première évaluation est annoncée en octobre afin d’ajuster les mécanismes en fonction des résultats observés sur le terrain.
Au-delà de l’enveloppe mobilisée, l’enjeu est aussi stratégique. En facilitant l’accès au crédit, les autorités espèrent stimuler la création d’emplois, soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, et renforcer la contribution des PME à la croissance nationale. Selon la Banque mondiale, l’écart de financement des PME en Afrique subsaharienne est estimé à plus de 330 milliards de dollars, illustrant l’ampleur des besoins.
À travers cette initiative, la CDEC confirme son positionnement comme acteur clé du financement de l’économie, tandis que l’AGF poursuit son rôle de catalyseur de l’investissement privé sur le continent. Reste désormais à mesurer l’impact réel de ce dispositif sur la capacité des PME à accéder durablement aux ressources financières.



