Le groupe Kadji franchit une nouvelle étape dans son développement international en ciblant la Côte d’Ivoire comme futur point d’ancrage de ses opérations en Afrique de l’Ouest. Le projet de centre logistique envisagé dans ce pays vise à structurer la distribution sous-régionale et à optimiser l’acheminement des produits vers les marchés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), caractérisés par une croissance soutenue.
Pensée comme une plateforme stratégique, cette infrastructure devrait être alimentée par les unités de production du Cameroun et du Nigeria. Elle traduit une volonté de rationaliser les flux logistiques, de réduire les coûts de transport et d’améliorer la réactivité commerciale du groupe sur un marché de plus en plus concurrentiel.
Cette offensive en Côte d’Ivoire intervient dans le prolongement de l’implantation du groupe au Nigeria, où une première unité de production a été inaugurée le 25 mars 2026 à Aba, dans l’État d’Abia. Exploitée par la filiale Ultimum Limited, cette usine, d’un coût estimé à 20 milliards de FCFA, permet au brasseur camerounais de se positionner sur le marché le plus peuplé du continent, fort de plus de 220 millions d’habitants.
Avec cette double présence en construction, le groupe Kadji se dote progressivement d’un dispositif régional articulé autour de la production et de la logistique, lui permettant de couvrir un bassin de consommation de plus de 300 millions d’habitants.
Cette stratégie d’expansion répond également aux contraintes du marché domestique. Au Cameroun, la domination de la SABC, consolidée par le rachat de Guinness Cameroun en 2023 pour près de 300 milliards de FCFA, réduit les marges de progression pour les nouveaux entrants. Dans ce contexte, l’internationalisation apparaît comme un levier essentiel de diversification et de croissance.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) renforce l’attractivité de cette stratégie. En facilitant les échanges et en réduisant les barrières commerciales, cet accord ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises capables de structurer une présence régionale intégrée.
À travers des investissements cumulés estimés à plus de 120 milliards de FCFA, le groupe Kadji confirme son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de l’industrie brassicole en Afrique centrale et de l’Ouest. En misant sur la complémentarité entre production et logistique, il entend tirer parti des dynamiques de croissance du continent et renforcer sa compétitivité face aux grands groupes internationaux.



