À Douala, l’industrie brassicole camerounaise s’apprête à franchir un nouveau cap avec l’entrée en production imminente de l’« usine Moungo », nouvelle infrastructure du groupe Kadji. Située dans la périphérie de la capitale économique, cette unité industrielle, dont les essais sont en phase d’achèvement, devrait injecter sur le marché les premières boissons en canettes produites par l’Union camerounaise de brasseries dès la seconde moitié d’avril 2026.
Ce lancement marque une évolution stratégique pour le groupe, qui élargit ainsi son portefeuille de conditionnements afin de mieux répondre aux nouvelles habitudes de consommation. En Afrique, la demande pour les formats en canettes connaît une progression notable, portée par leur praticité, leur facilité de conservation et leur adaptation aux circuits de distribution modernes. Selon plusieurs analyses sectorielles, ce segment affiche une croissance annuelle estimée entre 5 et 7 % sur certains marchés urbains.
L’investissement consenti pour la construction de cette unité est évalué à environ 100 milliards de FCFA. Avec une capacité de production de 2 millions d’hectolitres par an, équivalente à celle de son site historique de Douala-Bassa, cette nouvelle usine permet au groupe Kadji de doubler son potentiel industriel au Cameroun. Ce renforcement intervient dans un contexte où la concurrence reste particulièrement intense, dominée par des acteurs disposant de positions consolidées.
Au-delà des volumes, l’enjeu réside également dans la modernisation de l’outil industriel. L’intégration de nouvelles technologies de production et de conditionnement vise à améliorer la qualité des produits et à optimiser les coûts. Cette montée en puissance pourrait permettre au groupe de gagner en compétitivité sur le marché local, tout en préparant d’éventuelles ambitions à l’export.
Le secteur brassicole camerounais, qui représente plusieurs centaines de milliards de FCFA de chiffre d’affaires annuel, demeure l’un des piliers de l’agro-industrie nationale. Avec une consommation tirée par une population jeune et urbaine, la dynamique de croissance reste soutenue, malgré les pressions liées aux coûts des matières premières et aux contraintes logistiques.
Dans ce paysage, l’arrivée de nouvelles lignes de production et de nouveaux formats pourrait redistribuer certaines cartes. En misant sur l’innovation et l’augmentation de ses capacités, le groupe Kadji affiche clairement sa volonté de renforcer sa présence et de capter de nouvelles parts de marché. Une stratégie qui s’inscrit dans une logique de consolidation industrielle à long terme.



