Plateforme portuaire de Kribi
(LVDE) — Le développement industriel autour du Port autonome de Kribi franchit une nouvelle étape stratégique avec le lancement prochain de la Kribi Port Industrial Zone. Ce projet d’envergure, fruit d’une coopération public-privé, ambitionne de transformer la plateforme portuaire en véritable moteur d’industrialisation et de création de valeur ajoutée pour l’économie nationale et sous-régionale.
Le 26 février 2026 à Yaoundé, le Port Autonome de Kribi procédera à la présentation officielle de Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), une société de développement destinée à structurer une vaste zone économique autour du port en eau profonde. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de transformer le complexe portuaire en centre de production industrielle plutôt qu’en simple plateforme d’exportation de matières premières.
Depuis sa mise en service en 2018, le port de Kribi s’est progressivement positionné comme un hub logistique majeur en Afrique centrale, facilitant le transit des marchandises pour les pays enclavés comme le Tchad et la République centrafricaine. Toutefois, la majorité des cargaisons demeure composée de produits exportés à l’état brut. La nouvelle zone industrielle vise donc à encourager la transformation locale des ressources naturelles afin d’accroître la compétitivité économique nationale.
Le projet, estimé à 795 millions d’euros, soit environ 521 milliards FCFA, repose sur un partenariat entre le PAK et plusieurs opérateurs internationaux et locaux. Le consortium réunit Africa Global Logistics (filiale du groupe maritime MSC), Arise Integrated Industrial Platforms, ainsi que Belmont Investments, société liée à l’homme d’affaires camerounais Colin Mukete, également actionnaire de Kribi Conteneurs Terminal. Les autorités ambitionnent de créer un pôle industriel conforme à la Stratégie nationale de développement 2030.
Selon des sources institutionnelles, KPIZ couvrira plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’agro-industrie, le textile, la métallurgie, la transformation du bois, les industries de construction, les produits halieutiques ainsi que les biens de consommation courante. L’objectif est de favoriser la montée en puissance des chaînes de valeur locales et de stimuler l’innovation technologique.
Le financement de la première phase, évalué à 400 millions d’euros, devrait provenir principalement de partenaires internationaux, notamment la African Development Bank, l’European Union via son programme Global Gateway, ainsi que l’International Finance Corporation, branche du Groupe Banque mondiale dédiée au secteur privé. Cependant, le projet a connu plusieurs ajustements calendaires, notamment après le retrait du groupe marocain Tanger Med Special Agency, initialement associé au consortium.
La zone industrielle s’étendra sur 4 000 hectares et sera développée progressivement selon une organisation en clusters. Cette approche permettra de regrouper les activités industrielles par spécialités afin de favoriser les synergies entre entreprises et d’optimiser les chaînes de production. Entre 2018 et 2025, près de 400 milliards FCFA d’investissements privés ont déjà été injectés dans la zone, notamment dans les filières du cacao, du ciment, de la minoterie et de la logistique portuaire.
Tressy Chouente



