La fin d’un abonnement télévisuel ne devrait bientôt plus entraîner la disparition de toutes les chaînes du décodeur. Le 4 novembre 2026, au ministère de la Communication à Yaoundé, l’État, la Cameroon Radio Television (CRTV), le Conseil national de la communication (CNC) et plusieurs distributeurs ont conclu un protocole destiné à préserver l’accès à CRTV Premium et CRTV News au-delà de l’échéance des forfaits payants. Canal+ Cameroun, StarTimes, SWECOM, Créolink et TV Cam figurent parmi les opérateurs signataires. L’accord fait suite aux revendications d’associations de défense des consommateurs, qui dénonçaient la coupure des chaînes nationales après l’expiration des abonnements.
Cette disposition ne signifie toutefois pas que l’ensemble des chaînes camerounaises devient gratuit. Le périmètre officiel de l’accord concerne exclusivement CRTV Premium et CRTV News. Autre précision : la signature ne vaut pas entrée en vigueur immédiate. Les distributeurs disposent d’un délai maximal de deux mois pour adapter leurs dispositifs techniques et commerciaux. La mise en œuvre est donc attendue au plus tard le 4 janvier 2027. Un comité de suivi doit accompagner cette transition et évaluer le respect des engagements pris par les différentes parties.
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L’accès maintenu est également soumis à des conditions. Selon les précisions rapportées par plusieurs médias à partir des clauses du protocole, le bénéficiaire doit avoir souscrit et payé au moins trois mois consécutifs d’abonnement auprès du même opérateur. Le compte et le décodeur doivent rester techniquement activés, tandis qu’aucune utilisation frauduleuse ne doit être constatée. La gratuité concerne la réception des deux chaînes, sans facturation additionnelle après expiration du forfait. Elle ne couvre cependant pas l’acquisition des équipements, leur installation ou leur maintenance. Ces modalités détermineront concrètement le nombre de ménages qui pourront bénéficier du dispositif.
Pour les entreprises de télédistribution, l’accord ouvre une nouvelle étape dans la gestion de leurs offres commerciales. Les opérateurs devront assurer la continuité du signal des deux chaînes concernées, même lorsque le client ne renouvelle pas son bouquet, sous réserve des conditions prévues. Le CNC annonce la mise en place d’un mécanisme de suivi destiné à apprécier la transition et à produire un premier bilan. Des précisions publiées par la presse évoquent également la désignation de points focaux techniques et la transmission de calendriers de déploiement au ministère de la Communication.
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Derrière cette évolution se trouve un débat récurrent sur l’accès aux contenus audiovisuels d’intérêt général. La loi n° 2015/007 du 20 avril 2015 encadre l’activité audiovisuelle au Cameroun et définit les obligations des opérateurs. Le principe du « must carry », régulièrement invoqué dans les discussions sur la distribution des chaînes nationales, renvoie à leur transport obligatoire dans certaines conditions. En juillet 2026, un collectif de consommateurs avait accentué la pression sur les pouvoirs publics, avec un ultimatum de quinze jours et le dépôt de 21 mémorandums auprès des institutions de la République.
Pour la CRTV, le maintien de ces deux chaînes représente un moyen de préserver leur audience au-delà des périodes d’abonnement. Pour les distributeurs, il s’agit d’intégrer une exigence supplémentaire dans leur fonctionnement technique et commercial. La portée économique et sociale de l’accord dépendra désormais de son application effective : respect du calendrier, disponibilité du signal et traitement des éventuelles difficultés rencontrées par les abonnés. En associant pouvoirs publics, média de service public et opérateurs privés, le protocole introduit ainsi une nouvelle règle dans les rapports entre télédistribution payante et accès à l’information nationale.
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Anatole Bidias



