À Douala, la notation financière s’invite au cœur du débat sur le financement des économies d’Afrique centrale. Organisé par Geneva Investment Corporation (GIC Rating S.A.), première agence de notation financière agréée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), ce rendez-vous ambitionne de faire de l’évaluation indépendante du risque un levier de crédibilité pour les États et les entreprises de la CEMAC.
Placé sous le haut patronage du ministère camerounais des Finances, avec le soutien de la COSUMAF, le forum s’articule autour du thème « La notation financière : un levier de transparence et d’attractivité pour les États et les entreprises de la zone CEMAC ». Pendant deux jours, les participants examinent les conditions nécessaires pour améliorer la confiance des investisseurs et mobiliser les ressources indispensables au développement des économies de la sous-région.
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Pour Serge Mathieu Kombou, administrateur-directeur général de GIC Rating S.A., l’enjeu dépasse la seule évaluation du risque. « À l’heure où nos économies font face à des besoins croissants de financement pour soutenir leur transformation, développer les infrastructures et renforcer la compétitivité du secteur privé, la confiance des investisseurs apparaît plus que jamais comme une ressource stratégique », souligne-t-il. Une confiance qui repose notamment sur la qualité de l’information financière, la gouvernance et la transparence.
Pour les entreprises, la notation peut constituer un outil de crédibilité auprès des banques et des investisseurs. En rendant leur profil de risque plus lisible, elle peut faciliter le dialogue avec les financeurs et soutenir la recherche de capitaux. Pour les États, elle contribue à éclairer l’appréciation de leur capacité à honorer leurs engagements et à accéder aux marchés financiers.
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Les travaux abordent ainsi la crédibilité des émetteurs souverains, la transparence et la gouvernance des entreprises publiques et privées, ainsi que les méthodologies sectorielles, notamment celles appliquées aux gestionnaires de grandes infrastructures aéroportuaires. Une table ronde réunissant régulateurs, banquiers et experts doit également examiner les conditions réglementaires et commerciales nécessaires au développement de la notation dans la CEMAC.
L’émergence d’une expertise régionale constitue un autre enjeu. Aux côtés des agences internationales, les acteurs implantés en Afrique centrale peuvent mieux prendre en compte les réalités institutionnelles, monétaires et économiques locales, notamment celles liées au financement en francs CFA et au fonctionnement du marché financier régional.
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La notation ne saurait toutefois se substituer aux réformes de fond. Son efficacité dépendra de progrès concrets en matière de gouvernance, de transparence budgétaire, de fiabilité des données et de prévisibilité réglementaire. À la clôture des travaux, le 29 octobre, l’adoption de la « Déclaration de Douala sur la notation financière » doit poser les bases d’une feuille de route régionale. L’ambition affichée : faire de la transparence un atout pour financer durablement les États et les entreprises d’Afrique centrale.
Fabrice Tatisson



