Alors que les États financent leurs infrastructures et que les entreprises recherchent des ressources, la notation financière prend de l’importance. Geneva Investment Corporation (GIC Rating S.A.) organise à Douala le Forum régional de la notation financière, avec l’accord du ministère camerounais des Finances et sous le parrainage de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF). Les échanges portent sur l’investissement et la transparence financière.
Présentée à la presse le 27 octobre, GIC Rating entend développer une méthode adaptée aux économies de la CEMAC. Son administrateur directeur général, Serges Kombou, souligne les limites de modèles standardisés qui reflètent imparfaitement les réalités économiques, institutionnelles et sociologiques africaines. Elle veut mieux évaluer les risques des États et des entreprises, dans le respect de la rigueur et de l’indépendance.
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La notation financière est un avis indépendant sur la capacité d’un émetteur à rembourser sa dette intégralement et dans les délais. Samuel Kotto Ndoumbé, membre du comité de notation des dettes souveraines, rappelle la différence avec les banques : celles-ci accordent des crédits, tandis que les agences éclairent les investisseurs sur le risque de crédit des États et des entreprises. Elle peut améliorer la visibilité d’un émetteur et élargir sa base de financeurs. Elle ne garantit toutefois ni un financement ni une baisse automatique des taux d’emprunt.
La crédibilité se construit dans la durée. La professeure Viviane Ondoua Biwole, administrateur indépendant, et Marlyn-Nathalie-Laelle Mouliom Zavoulou-Roosalem ont souligné l’importance de méthodes constantes et d’informations fiables, à l’image d’agences historiques comme Moody’s. Pour la professeure Ondoua Biwole, l’indépendance repose sur l’intégrité des experts, des procédures collégiales et le respect du contrôle réglementaire, plutôt que sur la localisation de l’agence.
La qualité des données constitue un autre défi. Statistiques incomplètes, manque de transparence de certaines entreprises et faiblesses de collecte fragilisent l’analyse du risque. GIC Rating entend croiser les sources officielles avec les données des instituts nationaux de statistique et, si nécessaire, les enquêtes sur l’emploi, y compris dans le secteur informel. Une information non traçable peut fausser l’évaluation. L’agence défend donc des méthodes transparentes permettant aux entités évaluées de comprendre les critères et les risques retenus.
Josiane Tchoungui, experte membre des comités spécialisés, a insisté sur les qualifications et compétences nécessaires à la notation. La rigueur des analyses et la transparence des procédures sont essentielles.
Avec Datamensio, GIC Rating prévoit de numériser la collecte, l’audit et l’analyse des données. Michael Aim, fondateur et directeur général de Datamensio, a présenté une plateforme destinée à centraliser l’évaluation de la maturité des organisations et la gestion des risques, et à suivre les transformations engagées. Son adaptation doit faciliter le contrôle de la qualité et la traçabilité des informations, de la collecte à la restitution des analyses.
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Pour les entreprises et les États de la CEMAC, l’enjeu est de disposer d’évaluations crédibles afin d’éclairer les investisseurs et de faciliter la mobilisation des capitaux. L’ancrage local peut être un avantage, à condition de s’accompagner de données vérifiables, de méthodes transparentes et d’une indépendance effective. GIC Rating devra démontrer que sa connaissance du terrain peut se traduire par des évaluations fiables et reconnues par les marchés.
Fabrice Tatisson



