Camrail renforce ses fonds propres tout en ouvrant davantage son capital au futur transport minier. Le concessionnaire ferroviaire camerounais a réalisé une augmentation de capital de 7,93 milliards de FCFA, faisant passer son capital social de 15,31 à 23,24 milliards. Avec une prime d’émission de 8,14 milliards, la valeur totale des souscriptions atteint 16,07 milliards, dont 9,85 milliards de liquidités nouvelles, soit 61,3 % de l’opération.
L’opération, approuvée lors de l’assemblée générale extraordinaire du 2 avril 2026, s’est traduite par la création de 792 751 actions de catégorie B, d’une valeur nominale de 10 000 FCFA. Elle combine souscription en numéraire, apport en nature et conversion partielle d’une créance détenue par Africa Global Logistics Railways. Cette architecture permet à Camrail de renforcer ses capitaux propres sans que l’intégralité de la recapitalisation ne corresponde à de nouveaux apports en trésorerie.
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C’est Camalco qui constitue le principal apporteur de cash. La filiale camerounaise de Canyon Resources a versé 9,852 milliards de FCFA pour porter sa participation de 9,1 % à 26,88 %. Sur les 792 751 actions nouvelles, 485 961 ont été souscrites en numéraire. En ajoutant ces titres aux 138 855 actions déjà détenues, Camalco contrôle désormais 624 816 actions sur les 2 324 234 composant le nouveau capital, soit 26,8827 %. Elle devient ainsi le deuxième actionnaire de Camrail derrière SCCF, avec un intérêt stratégique direct dans l’accès au réseau ferroviaire nécessaire à l’évacuation de la future production de Minim-Martap.
La nouvelle configuration du capital fait apparaître SCCF avec 51 %, Camalco avec 26,88 %, l’État du Cameroun avec 15,07 % et AGL Railways avec 7,04 %. Une partie de cette recomposition repose sur des opérations non monétaires : 163 707 actions ont été attribuées à AGL Railways en compensation partielle d’une créance, tandis que 143 083 titres correspondent à un apport en nature. La ventilation juridique complète de cette dernière tranche et de la prime d’émission n’est pas détaillée dans les informations disponibles.
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Pour Canyon Resources, cette prise de participation dépasse donc la seule logique financière. Le groupe explique qu’elle doit renforcer son implication dans la modernisation du réseau ferroviaire, notamment le programme PQ2, et faciliter l’accès à des capacités de transport pour le minerai de Minim-Martap. Sept locomotives destinées à la première phase logistique ont déjà été livrées au Cameroun, tandis que 160 wagons sont prévus. La capacité initiale annoncée est d’environ 35 000 tonnes humides de bauxite par mois.
Mais le calendrier minier vient de se brouiller. Le 24 août, Canyon a retiré son objectif de première expédition au quatrième trimestre 2026 après la suspension par AFG Bank Cameroun de nouveaux décaissements sur une facilité syndiquée de 82 milliards de FCFA. Le prêteur demande notamment une revue du calendrier de développement, du modèle financier et d’autres paramètres du projet, ainsi qu’une visite du site. Canyon recherche désormais des financements alternatifs et n’a fixé aucune nouvelle date ferme pour les premières exportations.
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La recapitalisation de Camrail apparaît ainsi comme une pièce importante de la future chaîne logistique de Minim-Martap, mais elle ne préjuge pas du calendrier de démarrage des exportations. Ce que l’opération établit d’ores et déjà est double : Camrail dispose de près de 9,9 milliards de FCFA de trésorerie supplémentaire et Camalco a presque triplé sa participation. Le transport du minerai est désormais davantage intégré à la stratégie de Canyon ; la date de mise en œuvre de cette chaîne reste, elle, suspendue au bouclage du financement minier.
Anatole Bidias



