Dans l’industrie agroalimentaire africaine, rares sont les groupes capables d’afficher une telle capacité de résilience. En 2025, Castel a réalisé un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros en Afrique, soit environ 3 476 milliards de FCFA, enregistrant une progression de 494 millions d’euros par rapport à l’exercice précédent. Une croissance de 10,3 % qui confirme la solidité du modèle économique du groupe français sur un continent devenu stratégique dans sa stratégie mondiale.
Cette performance place Castel parmi les principaux acteurs privés de l’industrie agroalimentaire africaine. La branche boissons constitue le principal moteur de cette dynamique. Elle représente désormais 76 % du chiffre d’affaires consolidé du groupe, portée par la progression des ventes de bières, boissons gazeuses et eaux. Les volumes commercialisés ont atteint 77 millions d’hectolitres en 2025, contre 72,1 millions en 2024, traduisant une hausse significative de la demande sur plusieurs marchés africains.
Implanté depuis plusieurs décennies sur le continent, Castel a construit un modèle fondé sur la proximité industrielle et commerciale. À travers Castel Afrique, présent dans 22 pays, le groupe développe un portefeuille diversifié comprenant bières, boissons gazeuses, eaux minérales, boissons énergétiques, jus, spiritueux et boissons maltées. Cette implantation permet au groupe de s’appuyer sur un vaste réseau de production et de distribution, élément central de sa compétitivité.
L’Afrique représente ainsi bien plus qu’un simple marché de consommation pour Castel. Le continent constitue un véritable territoire industriel, où le groupe développe des chaînes de valeur locales. À travers Somdia, sa branche agro-industrielle, Castel intervient notamment dans la production de sucre et de céréales au Cameroun, au Congo, au Gabon, en Côte d’Ivoire, au Tchad et au Togo, afin de sécuriser une partie de ses approvisionnements.
La croissance enregistrée en 2025 repose, selon le groupe, sur plusieurs leviers : la puissance de son réseau de distribution, l’attractivité de ses marques, l’innovation produit et une politique commerciale adaptée aux réalités locales. Castel souligne également l’importance de ses investissements réguliers dans ses unités industrielles, ses collaborateurs et ses filières agricoles.
Cette stratégie d’intégration locale se traduit par des investissements ciblés. Au Burkina Faso, le groupe a consacré 325 millions de FCFA au développement d’un projet de production de maïs amélioré destiné à renforcer son approvisionnement. Dans plusieurs pays africains, notamment au Congo, au Malawi et au Tchad, Castel a également enrichi son offre avec de nouvelles références afin de répondre à l’évolution des habitudes de consommation.
Avec plus de 140 marques commercialisées sur le continent, dont environ 70 marques de bière, 25 marques de boissons gazeuses et 20 marques d’eau, Castel dispose aujourd’hui d’un portefeuille parmi les plus importants du secteur. Des marques comme 33 Export, Beaufort Lager, Castel Beer, Top, Youki, Djino ou Eau Vitale contribuent à renforcer sa visibilité auprès des consommateurs africains.
Cette puissance commerciale intervient dans un contexte favorable pour l’industrie agroalimentaire africaine. L’urbanisation rapide, la croissance démographique et l’émergence progressive d’une classe moyenne soutiennent la demande en produits alimentaires et boissons. Pour Castel, cette évolution représente une opportunité majeure pour renforcer ses positions et accélérer ses investissements.
Toutefois, toutes les activités du groupe ne connaissent pas la même trajectoire. La branche Somdia traverse une période plus difficile. Ses volumes ont reculé à 671 000 tonnes en 2025, contre 815 000 tonnes en 2024, tandis que son chiffre d’affaires est passé de 578,7 millions d’euros à 516,8 millions d’euros. Sa contribution au chiffre d’affaires global du groupe est ainsi passée de 9 % à 7 %.
Malgré ce contraste, Castel poursuit son ambition de rester un acteur majeur de l’industrie africaine. Pour Gregory Clerc, Directeur général du groupe, cette progression est le résultat « d’investissements continus dans les outils industriels, les réseaux de distribution, les marques et les collaborateurs ». Une stratégie qui illustre la volonté du groupe de consolider son leadership et de faire de l’Afrique l’un des piliers de sa croissance future.
Amelie Yandal



