À Pointe‑Noire comme à Brazzaville, les chiffres du secteur pétrolier interpellent : en l’espace de deux ans, la production pétrolière attribuée à Eni en République du Congo a enregistré une diminution d’environ 30 % entre 2023 et 2025. Cette contraction d’activité, soulignée par plusieurs observateurs du secteur, s’inscrit dans un contexte de réajustement des priorités opérationnelles de la compagnie, qui, tout en maintenant des projets dans le pays, diversifie ses engagements à l’international.
En République du Congo, l’industrie des hydrocarbures reste le pilier de l’économie nationale, représentant une part significative des recettes budgétaires et des exportations du pays avec une production nationale autour de 270 000 barils par jour en 2023 selon des estimations récentes. Cependant, la baisse observée chez Eni reflète à la fois la maturité de certains champs pétroliers exploités depuis plusieurs décennies et les effets d’une stratégie globale plus large qui voit l’entreprise optimiser son portefeuille de production en Afrique et ailleurs.
Dans ce cadre, Eni a amorcé des démarches pour valoriser des ressources gazières, notamment par le biais du projet Congo LNG, conçu pour devenir une installation d’exportation de gaz liquéfié d’une capacité de plusieurs millions de tonnes par an. Cette transition vers le gaz s’inscrit dans l’adaptation du groupe aux tendances énergétiques mondiales, tout en répondant à un besoin accru de diversification énergétique dans la région du Bassin du Congo.
La baisse de production pétrolière ne se limite pas à la baisse des volumes extraits : elle s’inscrit également dans un environnement de marché marqué par une évolution des prix mondiaux du brut, des contraintes logistiques standards et la nécessité pour les compagnies d’équilibrer leurs engagements en hydrocarbures traditionnels avec des initiatives dans des secteurs à plus forte croissance ou à découplage carbone.
Pour le gouvernement congolais, cette situation appelle à repenser les stratégies d’exploitation et à encourager une transition vers des activités pétrolières et gazières qui garantissent une meilleure valorisation sur le long terme. La baisse de production d’Eni, bien qu’elle impacte les volumes totaux, ouvre aussi un débat sur la capacité du pays à attirer de nouveaux investissements et à moderniser ses infrastructures énergétiques pour rester compétitif dans un marché mondial en pleine transformation.
Si certaines tendances globales plaident pour un recul progressif du pétrole au profit d’autres sources d’énergie, les ressources extractives continuent de jouer un rôle central dans les équilibres économiques locaux. Le défi pour la République du Congo demeure de concilier des objectifs de diversification énergétique, des impératifs budgétaires et la nécessité d’optimiser les ressources encore disponibles dans ses gisements.



